Comment je me suis retrouvée à passer mon chien aux soins naturels.

« Je ne sais absolument pas comment intituler cet article.. »

« A POIL ! MAIS NATURELLEMENT ! »

Cette merveilleuse entrée en matière vous a été offerte par mon conjoint qui se sent très concerné par la chose pour trois raisons :

  1. Les jours de bain (il y en a 3 à tout casser par an hormis cas exceptionnel) sont de grands moments d’anthologie à chaque fois : Du chauffage et de la musique (RelaxMyDog for ever) dans la salle de bain au dernier coup de brosse, j’en ai pour 2 à 3 heures.
  2. Les produits naturels, c’est notre truc et ça inclut de se casser la tête pour trouver le plus adapté mais aussi le plus respectueux, on passe beaucoup de temps à chercher la meilleure solution à chaque problème rencontré pour nous, nos animaux, notre linge. Comme dirait ma pote Aurélie, ça surchauffe dans notre cerveau.
  3. Il n’a pas le choix, je l’inclus dans le processus en tant qu’assistant, cobaye ou témoin quasiment à chaque fois (militons tous pour moins de sexisme et plus d’équité femme/homme. Ils souffrent les pauvres !)

POURQUOI LAVER SON CHIEN NATURELLEMENT ET RESPECTUEUSEMENT ?

  • Vous, moi, les animaux sont mis au quotidien en contact avec des produits qui abîment leur peau, leur poil, leur santé. Les perturbateurs endocriniens ne sont pas une légende urbaine et comme nous, les animaux développent de plus en plus de problèmes de peau, endocrino voire des cancers. Le spitz avec son sous-poil ne fait pas exception, loin de là.
  • Certains shampoings du commerce (animalerie ou autres) portent à l’arrière les instructions suivantes « Tester le produit sur une petite zone avant utilisation. Porter des gants pendant l’utilisation. » voire pour certains des pictogrammes peu rassurants. Alors pourquoi utiliser ce produit sur nos chiens si on nous conseille de ne pas le mettre sur notre peau ? La leur est fragile aussi.
  • D’autres shampoings prétendent être plus doux pour la peau, plus respectueux, voire même détiennent une certification « Safe Pet Cosmetics » et prétendent soigner des maladies de peau.

Voici la composition de deux produits d’une même gamme et je suis chouette, je ne les nommerai pas.

Shampoing X pour chiens à sous-poil :

Aqua (eau), Disodium laureth sulfosuccinate (Ingrédient réglementé / plutôt irritant / allergène. Tensioactif qui cause moins d'irritations que les SLS. Interdit en bio.), Lauryl glucoside (Ingrédient sans risque. Le lauryl glucoside est un tensioactif non ionique doux d'origine végétal. Il est utilisé pour réguler le pH notamment), Cocamidopropyl betaine (Ingrédient réglementé / plutôt irritant / allergène. Tensioactif qui vient adoucir des tensioactifs plus agressifs comme les anioniques sulfatés. Autorisé en bio), Hydrolyzed wheat protein (protéines de blé hydrolysées soumises à une réglementation précise sur l'importance des peptides. Perturbateur endocrinien ), Peg-200 hydrogenated glyceryl palmate (Composant ethoxylé interdit en bio. La fabrication de cet émulsifiant nécessite des techniques nocives pour l'environnement et des produits soupçonnés d'être cancérigènes et irritants comme le dioxane.), Peg-7 glyceryl cocoate (Composant ethoxylé interdit en bio. La fabrication de cet émulsifiant nécessite des techniques nocives pour l'environnement et des produits soupçonnés d'être cancérigènes et irritants comme le dioxane.), Polyquaternium-7 (Tensioactif cationique issu de la pétrochimie. Réglementé et irritant, remplace ou complète les silicones de synthèse),  Imidazolidinyl urea (Conservateur antimicrobien à spectre large issu de la pétrochimie. Réglementé à hauteur de 0,6% max dans les compositions. Il est considéré comme un libérateur de formol (formaldehyde) dans les cosmétiques.), Methylchloroisothiazolinone (CMIT) & methylisothiazolinone (MIT) (conservateurs controversés et à risques, La CMIT ne peut pas être utilisée seule, mais uniquement avec de la MIT. De fait comme la MIT est interdite dans les produits non rincés, la CMIT l'est aussi. Ne peut pas être utilisé à plus de 0,0015% de la composition), Parfum (banane, je présume ?) 

Après-shampoing X pour chiens à sous-poil :

Aqua (eau), Cetyl alcohol (L'alcool cétylique est un alcool gras qui donne de la consistance, utilisé pour assouplir, adoucir ou protéger la peau. Dérivé de l'huile de coco qui est utilisé en bio), Cetrimonium chloride (Le chlorure de cétrimonium est un ammonium quaternaire utilisé en cosmétique pour ses propriétés antistatiques. Potentiellement irritant, il remplace les silicones), Paraffinum liquidum (Paraffine liquide. Agent adoucissant et filmogène. Les critiques se portent principalement sur son origine, sa très faible biodégradabilité (pollution suite à son rejet dans la nature) et son fort pouvoir occlusif.), Hydrolysed wheat protein(protéines de blé hydrolysées soumises à une réglementation précise sur l'importance des peptides. Perturbateur endocrinien ), Menthyl lactate (Sans danger. Réduit ou inhibe l'odeur ou le goût de base du produit), PPG-26-buteth-26 (Conditionneur capillaire. Composant ethoxylé interdit en bio. La fabrication de cet émulsifiant nécessite des techniques nocives pour l'environnement et des produits soupçonnés d'être cancérigènes et irritants comme le dioxane.), Polyquaternium-10 (Tensioactif cationique issu de la pétrochimie. Réglementé et irritant, remplace ou complète les silicones de synthèse), PEG-40 hydrogenated castor oil (Cette huile de ricin hydrogénée et éthoxylée sert d'émulsifiant et de tensioactif. Les études montrent que cet ingrédient ne pose pas de réels problèmes en soi, c'est surtout les procédés de fabrication par éthoxylation qui conduisent à d'éventuelles impuretés problématiques pour la santé humaine qui sont montrés du doigt.), Simethicone (Anti-moussant et conditionneur issu de la pétrochimie.),  Methylparaben (Conservateur de la famille des parabènes, un des moins dangereux. Utilisé à hauteur de 0.4 à 0.8% de la composition max), Imidazolidinyl urea (Conservateur antimicrobien à spectre large issu de la pétrochimie. Réglementé à hauteur de 0,6% max dans les compositions. Il est considéré comme un libérateur de formol (formaldehyde) dans les cosmétiques.), Parfum (banana) 

Donc pour résumer, dans le shampoing, il y a 3 tensioactifs dont 2 irritants (mais ça va, pas si pire que le Sodium Laureth Sulfate ou le Sodium Lauryl Sulfate [1]), 2 émulsifiants pour que tout ça tienne ensemble, 1 perturbateur endocrinien, 1 Polyquat’ pour remplacer les silicones, 3 conservateurs douteux dont un qui libère du formol. Mais ça va ! Y a du parfum

Et dans l’après-shampoing, on a les mêmes conservateurs, le même perturbateur endocrinien, du silicone, des parabens (l’un des moins pires mais tout de même), un agent occlusif (parfait pour des chiens qui ont des problèmes de peau).
Autant dire qu’on est loin d’un produit « Safe » et respectueux pour un chien.

Maintenant que j’ai capté votre attention et que vous regardez en coin vos bouteilles de shampoings pour chien, je vous joins le site INCI Beauty [2]qui vous permettra de décomposer les produits que contiennent le shampoing de Toupoutou ou son conditionneur. (Et pourquoi pas les vôtres aussi tant que vous y êtes)

COMMENT LAVER SON CHIEN NATURELLEMENT ET RESPECTUEUSEMENT ?

Je ne prétends pas avoir la recette parfaite. D’ailleurs à l’heure où j’écris ça, il y en a un qui fait ses devoirs maisons sur comment rehausser le pH d’une préparation.

Pourquoi ? Parce que le pH de notre peau se situe entre 5,5 et 6,5 normalement (en dessous, elle est sèche et tiraille, au dessus, elle est grasse. C’était l’instant beauté) mais que celui de la peau des chiens se situe plus aux alentours de 6,5 et 7,5 donc il est plus alcalin qu’acide.

Donc si on prend un shampoing pour humain lambda qui est acide (environ 5,5 en pH voire moins), on risque naturellement d’enlever le manteau acide, ça peut générer en fonction des chiens des odeurs dues à une prolifération bactérienne à force de shampoings répétés (de la même façon que tes cheveux graissent à force de les laver SI ! JE TE VOIS ! ARRETE DE FAIRE CA A TES CHEVEUX!)

Le pH de la recette actuelle n’est pas parfait. Il tourne à peu près autour de 6.5, idéalement, il devrait être à 7. Donc je vais très certainement faire un update quand j’aurai trouvé comment le rendre tout à fait optimal à ce niveau là, même si clairement, Mara n’est pas assez lavée pour que ça ait un impact virulent, elle n’a jamais dégagé cette odeur forte qu’ont certains chiens à force d’être trop lavés (et donc le manteau acide s’en va et les bactéries s’en viennent) et le tensioactif naturel utilisé est réputé pour être très doux.

Si je vous dis ça, c’est par souci d’honnêteté, je ne peux décemment pas vous dire « C’est le meilleur shampoing pour chiens de la planète » puisqu’il peut être amélioré. En revanche, c’est un shampoing très doux pour la peau, composé de produits naturels non irritants et qui ne sont pas de perturbateurs endocriniens, des cancérigènes reconnus ou suspectés ou des agents occlusifs.

LA RECETTE ou plutôt les recettes :

La base est issue du tutoriel d’Aroma-Zone [3], rendons à César ce qui est à César. Je n’ai rien inventé, j’ai juste été chercher les meilleurs ingrédients à mon sens (et c’est pas fini, si t’as bien suivi le passage sur le pH, il faudra que je modifie juste les tensioactif et l’eau ajoutée) et s’ils sont sur ce site, vous pouvez les trouver ailleurs. C’est juste que je trouve les fiches produits très bien expliquées.
On diminuera par deux la dose d’huiles essentielles de la recette de base pour l’adapter à des petits chiens tels que les spitz. 1 gramme, c’est déjà beaucoup.

  • 40 g de tensioactif
    22 g d’eau
    20 g de poudre ayurvédique (une seule ou plusieurs à égales quantités)
    11 g d’huile végétale (une seule ou plusieurs à égales quantités)
    5 g d’actif (un seul ou plusieurs à égales quantités)
    1 g d’huile essentielle ou 33 gouttes (une seule ou plusieurs à égales quantités)
    1 g de colorant (facultatif)

Pour un shampoing anti-parasitaire COSTAUD :

Autrement dit, un shampoing qui repoussera tiques, puces et moustiques (dans une moindre mesure) et qui soulagera les éventuelles démangeaisons liées à une infestation déjà arrivée.

  • SCI : Tensioactif sans sulfates naturel parmi les plus doux. Démêle le poil, permet au shampoing de mousser pour mieux le répartir.
    Poudre de Neem : L’azadirachtine, molécule active du Neem, n’est pas appréciée des insectes et parasites. Et elle est apaisante et permet d’éviter les démangeaisons ainsi que les pellicules.
    Huiles végétales de Neem et de Coco : Anti-parasitaires reconnues, apaisantes, l’huile de coco est nourrissante de son côté et elle va lisser la fibre.
    Propolis : Assainissant de la peau et calme les peaux sèches.
    Huiles essentielles de Palmarosa, Géranium et Lavande : Trois répulsifs reconnus même pour les humains. L’huile essentielle de lavande est apaisante notamment pour les piqûres d’insectes et réparatrices (ça évite les bobos qui s’envenime en somme).
    Si votre chien est blanc ou gris : oxyde minéral bleu à hauteur d’un gramme pour donner un coup de fouet à la couleur et un effet déjaunissant.

Attention : Le shampoing sentira majoritairement l’huile de Neem, c’est pour ça qu’il est anti-parasitaire. Et l’huile de Neem sent l’oignon grillé. Bon appétit.

Pour un shampoing nourrissant et apaisant :

  • SCI : Tensioactif naturel parmi les plus doux. Démêle le poil, permet au shampoing de mousser pour mieux le répartir.
    Poudres de Reetha et de Kapoor Kachli : Apaisante, utilisée pour les peaux sensibles, lavante et assainissante/Favorise la pousse des poils, les rend brillants, facilite le démêlage. Et accessoirement, les poux/puces ne l’aiment pas petit plus non négligeable.
    Huiles végétales de Neem et d’Avocat : Anti-parasitaires reconnue, apaisante / Nourrissante, réparante et cicastrisante, elle stimule la pousse. Huiles essentielles de Cèdre de l’Atlas/ Lavande/Géranium : Purifiante, apaisante, anti-chute, l’HE de Cèdre évite les pellicule, assainit la peau/ Les deux autres sont des anti-parasaitaires reconnues, anti-pelliculaires et apaisants notoires.
    Provitamine B5/Protéines de soie : Apaisant et stimulant pour la pousse / Conditionneur et hydratant naturel.
    Si votre chien est blanc ou gris : oxyde minéral bleu à hauteur d’un gramme pour donner un coup de fouet à la couleur et un effet déjaunissant.
Sorcière 2.0

Pour un shampoing pour chiot à la peau fragile :

On diminue le tensioactif, et on retire les huiles essentielles. De même que pour un chat (L’organisme des chats tolère très mal les HE) ou un chien ayant déjà démontré une intolérance aux huiles essentielles. On ne joue pas pour jouer..

  • 25 % SCI : Tensioactif naturel parmi les plus doux. Démêle le poil, permet au shampoing de mousser pour mieux le répartir.
    12% d’eau et 12% d’hydrolat de lavande : Apaisant.
    30 % Poudres de Reetha et de Kapoor Kachli: Apaisante, utilisée pour les peaux sensibles, lavante et assainissante/Favorise la pousse des poils, les rend brillants, facilite le démêlage. Et accessoirement, les poux/puces ne l’aiment pas petit plus non négligeable.
    16 % Huiles végétales d’Amande douce et de Jojoba : Apaisante, adoucissante et nourrissante, propriétés antifongiques, antivirales et anti-inflammatoires. Aide à reconstruire le film lipidique de la peau. / Nourrissante, elle ne laisse pas de film gras, n’est pas occlusive. Rééquilibrante et réparatrice. (Attention à ce que le chien ne lèche pas d’huile de jojoba pure. Vous aussi d’ailleurs. Mais vous, ça paraît plus bizarre d’un coup)
    5 % Provitamine B5/Propolis : Apaisant et stimulant pour la pousse / Assainissant de la peau et calme les peaux sèches.
    Pas de colorant.(Ce n’est pas la priorité)

Vous l’aurez compris l’idée, c’est de trouver les actifs les plus doux, on pourrait décliner ça à l’infini (tout en contrôlant le pH putay) mais il me semble que les problèmes les plus récurrents rencontrés chez nos Toupoutou ce sont les parasites et les grattouilles ou les nœuds.

Avec ces shampoings, le poil est plus doux, plus facile à démêler, les petites grattouilles s’atténuent et si derrière le reste de soin est fait au naturel et que l’alimentation suit, ce n’est que du bonheur.

L’avantage, c’est qu’en ce qui me concerne, vivant dans une ville où l’eau est très dure, ce genre de shampoing apaisant me convient très bien, et hormis quelques ajustements (Je remplace l’huile de Neem par de l’huile de Brocolis. J’aime bien les oignons grillés mais seulement dans la salade Caesar), j’utilise sensiblement les mêmes produits, je n’achète donc pas de shampoing spécial pour ma chienne, le mien me coûte en moyenne 3,20€ pour entre 25/30 lavages. Autant dire que c’est économique, et je vous parle même pas pour Mara, d’ailleurs ce qui me coûte le plus cher avec elle, c’est de le refaire parce que je l’utilise tellement peu que je le perds ..

Mon meilleur cobaye : Mara qui revenait du lac du Salagou avec sa copine et était donc orange, pleine de noeuds, qui a facilement des hotspot dès qu’une bestiole la mâchouille un peu et qui a l’air de souffrir terriblement de la séance de brossage.

[1]https://www.oolution.com/bloog/blog/2014/04/25/sodium-lauryl-sulfate-pourquoi-eviter-les-detergents-sulfates-en-cosmetique/

[2]https://incibeauty.com/ingredients

[3]https://www.aroma-zone.com/info/fiche-savoir-faire/comment-je-fabrique-mon-shampoing-solide

Différentes activités pour le chien et quoi choisir ?

COMMENT OCCUPER SON CHIEN ?

ET AVEC QUOI ?

Ce n’est un secret pour personne, on s’ennuie rarement quand on s’occupe (Non jure !) alors comment peut-on occuper son chien pour éviter qu’il ne s’ennuie/stresse et donc s’occupe par ses propres moyens (si, si, on sait très bien comment ils s’occupent d’eux-même)

VOICI DIFFÉRENTES OCCUPATIONS À METTRE EN PLACE ET LEURS BIENFAITS :

  • LES ACTIVITES DE LECHAGE :

Pourquoi ? Parce que vous l’aurez compris le chien aime vous lécher, aime lécher des choses (objets, autres chiens, odeurs sur le sol), ça lui permet de prendre des informations en plus, ça lui permet aussi de se faire plaisir mais aussi de se calmer via une activité qu’il connaît depuis qu’il est bébé. Sa mère le léchait pour le nettoyer, après la tétée et quand il couinait. Lécher, c’est bien.

Comment ? Je ne vous dis pas de vous enduire de pâtée ou de miel/pâte à tartiner (fin, vous faites ce que vous voulez de votre pâte à tartiner). Il s’agit de proposer à son chien des supports plus ou moins texturés recouverts de substance appétente voire nourrissante si vous avez un chien au régime (auquel cas, on déduit de la ration) Il existe des tapis tout faits avec différentes textures déjà tout prêts mais vous pouvez très bien faire les vôtres avec de vieux plateaux de lego ou de playmobil. Certains kong à farcir peuvent aussi faire l’affaire.

Résultat : En fonction de la dextérité du chien, des textures du support, cette activité permet au chien de se lancer dans un comportement qu’il aime, qui l’occupe pendant 10/15 minutes et qui va le canaliser et le calmer.

Où le trouver : En cherchant lickimat Buddy, vous devriez le trouver à peu près partout, toutefois l’association In Dog We Trust (qui aide et rééduque des chiens mordeurs et en difficulté) propose dans sa boutique des tapis de léchage.

  • LES ACTIVITES MASTICATOIRES :

Pourquoi ? Parce que les chiens ont besoin de mordre, de croquer, de se faire les dents pour les chiots, d’utiliser leur mâchoire pour s’occuper, pour se défouler. Un besoin que l’alimentation industrielle ne leur permet pas d’assouvir pleinement ce besoin (Une gamelle = 2/3 minutes) et qu’on est tous d’accord pour dire qu’on ne veut pas qu’ils le fassent sur nos chaussures même si pour eux, ce n’est pas une bêtise que de mâchouiller du cuir.

Comment ? On l’a déjà dit par ailleurs, la babiche c’est cradingue. Oui mais quoi alors ? Vous avez l’embarras du choix. Pour les plus durables plusieurs jours/semaines voire année pour les Kong) : Bois de cerf, corne de buffle, fromage de yak, jouets kong, sabots de veau Pour les absences courtes ou les occupations en soirée ou juste pour le plaisir : Les oreilles de cochons (entières, pavillons ou lamelles) , boeuf (à privilégier pour les moyens et grands chiens), lapin, agneau – avec ou sans poils – les pattes de poulets (des paillettes), les cous de dinde séchés, les nerfs de boeuf, les nez de boeuf, la peau de tête de boeuf, le pharynx de bœuf, le poumon de bœuf et la meilleure pour la fin : La panse de bœuf (ça pue VRAIMENT mais ils aiment VRAIMENT)

Tous les chiens de tous les âges peuvent les utiliser. Le chien est conçu pour croquer et ingérer des os (charnus et crus), autant dire qu’une oreille de bestiole séchée peut être facilement gérée par un chiot de 2 mois. Il convient juste de vérifier au préalable que le chien n’essaiera pas de gober la friandise et ne se blessera pas en l’avalant tout rond. On retire le sabot quand il commence à n’être plus qu’un tout petit bout si on ne veut pas que Toupoutou l’avale tout rond .
On évite les os porteurs type fémurs ou tibia, les os à moelle qui sont généralement cuits et sans viande autour. Hormis créer des abcès dentaires, des dents cassés, des occlusions à cause d’une accumulation de poussière d’os et des perforations à cause d’une esquille, ça n’apportera rien de bon. Vous voulez lui donner un os ? Trouvez-en un qui soit cru, charnu et adapté à sa taille : Cou de canard ou de poulet pour un nain ou petit, coffre de lapin ou caille entière.

Résultat : Un chien occupé variablement entre 5 et 189 minutes en fonction de l’objet donné et de sa volonté à le mâchouiller. Le chien est épuisé par son occupation et s’endort assez rapidement, le tartre saute facilement voire ne s’installe pas. Autrement dit un chien heureux avec une bonne hygiène bucco-dentaire.

Où le trouver : De plus en plus d’animalerie et croquetteries en proposent, sinon il suffit d’aller sur les sites spécialisés pour animaux pour trouver à peu près tout. Quant au kong, il n’y a plus une seule boutique spécialisée ou site qui ne le propose pas, tant ce jouet est devenu emblématique.

Jamais sans mon sabot !
  • LES ACTIVITES OLFACTIVES DITES DE FOUILLE

Pourquoi ? Ce n’est un secret pour personne, le chien utilise son nez souvent, beaucoup, car son odorat est le sens le plus développé chez lui. Loin de n’utiliser que le nez, les activités de fouilles ont le mérite d’utiliser le cerveau de votre chien puisqu’évidemment en utilisant son nez, son cerveau doit traiter les informations et il doit en tirer des déductions (tu chauffes ou pas.) Les chiens vivants dans les jardins qui n’ont pas le loisir d’en sortir, sentent souvent les mêmes odeurs à quelques différences près et certains chiens promenés n’ont pas la liberté de renifle tout leur soûl. Un besoin qui est donc frustré régulièrement même à notre insu.

Comment ? RIEN DE PLUS SIMPLE ! C’est même une des activités les plus simples à mettre en place. Bien sûr, il existe des Snuffle Mat (tapis de fouille) tout prêts, des tutoriels pour les faire soi-même et quand on a pas de jardin, c’est une excellente alternative. Mais quand on a un jardin ? Ou même quand on a la flemme de fabriquer un snuffle mat ? Il suffit de cacher les friandises dans la maison en prenant le temps au préalable d’en faire renifler une à son chien, puis de lui montrer deux ou trois cachées sans trop de volonté et de lui apprendre à « Chercher ». Quand on a un jardin ? Encore plus simple ! Une poignée de friandises jetée à la volée dans l’herbe de façon bien dispersée. Plus qu’à le regarder farfouiller dans tous les sens à la recherche de ses chères friandises. Lesquelles utiliser ? Des bien odorantes qu’il adore, des morceaux de viande séchée, des dés de fromage ou de viande, tout ce qui l’attire et pourra le motiver à renifler dans tous les sens.

Résultat : En fonction de la dextérité du chien, de son odorat et de sa motivation (ainsi que de votre capacité à cacher des choses – les mamans excellent à ce jeu), l’activité peut prendre entre 15 et 50 minutes. Un chien claqué, haletant qui devrait faire un bon somme une fois la recherche finie. Attention toutefois à adapter la difficulté à l’expérience du chien en la matière histoire de ne pas le frustrer et de ne pas oublier de nourriture dans votre maison. Pour entraîner un chiot et le sécuriser tout à la fois, n’hésitez pas à investir dans un Snuffle Mat ou à le faire vous-même.

Où le trouver : Soit sur internet en tapant « tapis de fouille », soit sur la boutique de l’association In Dog We Trust, soit en le faisant soi-même grâce à l’excellent tutoriel du Jardin de Snow.

Friandise ? Où es-tuuuu ?

LES ACTIVITES INTELLECTUELLES

Pourquoi ? Parce qu’un chien qui réfléchit est un chien occupé et épanoui. Nous les avons fait se reproduire de générations en générations pour qu’ils soient utiles à nos côtés et ils se sont adaptés, preuve s’il en est besoin de leur grande intelligence (encore que : Mara.) quoi de plus normal donc qu’ils aient besoin d’être stimulés intellectuellement pour s’occuper ? Un jeu de stimulation intellectuelle ne doit pas être laissé sans surveillance 😉

Comment ? On trouve une quantité de jeux de ce type sur les sites spécialisés ou les animaleries et croquetteries, le principe est généralement le même : On cache la friandise et le chien doit trouver comment y accéder en déplaçant des objets sur le plateau. Il existe une quantité de tutoriels faciles à trouver sur internet pour construire des activités de ce genre à moindre frais et le groupe Enrichissement Mental du Chien de compagnie​ reprend beaucoup d’idées de ce genre pour le faire soi-même : Bassine remplie de boules de piscine à boules avec quelques friandises au fond, des bouteilles vides trouées que le chien doit faire rouler, des plateaux avec des cordes que le chien doit tirer pour faire glisser des planches ou carrément faire tomber les friandises. Votre limite : L’imagination.

Il existe aussi un jeu appelée le jeu de la trousse qui consiste à cacher une trousse pleine de friandises dans des endroits toujours plus difficiles d’accès. Cela nécessite un apprentissage de plusieurs séances et cela développe la capacité d’initiative du chien qui doit réfléchir à la meilleure solution.

Comme pour les activités olfactives, on y va progressivement et on s’adapte aux capacités du chien pour ne pas le décourager. Vous n’apprécieriez pas de passer un examen d’ingénieur en ayant que le Bac, eux, c’est pareil.

Résultat : En fonction de la motivation du chien (certains se découragent assez rapidement devant un problème), de sa capacité d’initiative, cela peut prendre entre 10 minutes et une bonne heure. Le chien est exténué à la sortie mais pleinement satisfait. Ce genre d’activité permet à certains chiens un peu timides voire peureux de prendre confiance en eux en développant leur capacité d’initiatives. Et certains vieux chiens ont encore quelques tours à vous montrer 😉

Où les trouver : En animalerie, croquetterie ou sur les sites spécialisés pour animaux.

Casse-tête canin

Il est évident que toutes ces activités ne remplacent pas des balades enrichissantes en libre dans un endroit sécurisé et si possible avec d’autres congénères bien codés mais en période pluvieuse ou même pendant certaines périodes où vous êtes moins disponibles pour sortir votre chien, elles sont tout à fait bienvenues pour pallier à ce manque d’activités dites « locomotrices » ou « sociales ». Et elles s’additionnent très bien des autres :p

Il existe bien d’autres activités à mettre en place avec son chien :

  • L’éducation au quotidien en est une,
  • le clicker training mobilise énormément de capacités intellectuelles du chien pour comprendre ce qui est demandé et l’appliquer.
  • L’agility est tout à fait adaptée à n’importe quel chien si on respecte les normes (pas de trop grands obstacles pour un spitz allemand nain ou petit)
  • L’obey rythmée que notre petit renard facétieux se fera un plaisir de faire avec vous.
  • Le mantrailling ou la recherche d’êtres humains, certains chiens ont un lien tellement fort avec leur humain que ça pallie cette faculté de pistage qui pourrait n’être pas développée chez la race (oui, on peut faire du mantrailling avec un bouledogue français.)
  • La canirando, le canicross même s’il est évident que vous ne demanderez pas la même traction à un spitz de 3,5 kg qu’à un malamute de 40 kg.

Voilà de quoi bien occuper vos Toupoutou !

L’arrivée du chiot – Aboiements, mordillements et destructions.

C’est bien beau d’avoir un chiot, vous êtes très content des progrès de Toupoutou en matière de propreté (ou pas mais ça viendra, pas de souci), des regards des gens vers lui. Oui mais voilà, Toupoutou commence à devenir un petit démon. Il fait vraiment n’importe quoi !

La bêtise chez le chien

Vous en trouverez une quantité de gens vous affirmant que le chien sait ce qu’il fait quand il troue votre dernière culotte Undiz ou retire méticuleusement tous les boutons de la télécommande. Pourtant, ce n’est pas le cas et nombre de comportementalistes essaient de faire entendre le contraire : Le chien ne détruit pas sciemment vos affaires. Cela va même plus loin que cela : Le chien ne différencie pas le bien du mal comme nous pouvons le faire.

« Oui mais moi, je vois bien que Toupoutou se sent coupable quand je me fâche !« 

Ce que vous voyez, ce sont des signaux d’apaisement (Je vous renvoie vers une très bonne lecture “Les signaux d’apaisement” de Turid Regaas, Céline le présente dans une vidéo), c’est à dire unensemble de postures et de mimiques faciales permettant à un chien de calmer une situation ou de se rassurer lui-même.

Quand deux chiens se croisent, si l’un d’eux est mal à l’aise, il y a fort à parier qu’il fera comprendre à l’autre qu’il n’apprécie pas la situation par le biais de ces signaux. De la même façon, quand Toupoutou n’est pas à l’aise avec une situation : Un cri, une moto ou un regard fâché sans qu’il ne comprenne pourquoi, il vous offrira une panoplie de signaux d’apaisements destinés à vous faire comprendre qu’il n’apprécie pas cette situation et qu’il voudrait vous voir calme plutôt que dans le conflit. Voici une liste (illustrée par Daladya) non exhaustive de quelques uns des signaux d’apaisement chez le chien et une signification simplifiée de chacun d’eux : [1] & [2]. Il en existe bien d’autres que vous apprendrez à déceler en observant Toupoutou dans ses interactions avec d’autres chiens ou bien avec vous.

“Oui mais j’espère bien qu’il n’est pas à l’aise ! Il a fait une bêtise.”

Il convient donc de définir le mot “Bêtise” qui est une action irréfléchie, imprudente ou répréhensible.
Oui mais pour qui ? Aux yeux de qui ? Et surtout selon quelle logique ? La notre. Voilà, vous l’avez deviné.

Comment donc Toupoutou qui est un chien et qui a des occupations/besoins de chien peut-il avoir conscience que “Faire une bêtise” = Courir après le chat, secouer le coussin jusqu’à ce que la mousse s’éparpille partout, faire ses besoins quand il en a besoin, puisqu’il s’agit d’un chien.
Reprenons pour mieux les comprendre ce que nous considérons comme des bêtises et le point de vue du chien.

  • Courir après le chat : Courir libère de l’endorphine chez le chien/l’humain, que ce soit après un autre chien, un chat ou son humain, quand Toupoutou court, il est heureux. Courir après le chat même si cela n’amuse pas le chien l’amuse au plus haut point, d’autant que cela fait réagir certains patrons-moteurs chez lui et des réflexes instinctifs. Certains chiens ignoreront superbement un chat croisé et dès que celui-ci amorcera un départ, ils partiront en trombe derrière lui. C’est amusant, donc pas une bêtise.
    => Proposer plus d’activités locomotrices : Promenades, rencontres avec d’autres chiens, pistes à suivre dans la nature, odeurs à découvrir à votre chien devrait le fatiguer assez pour qu’il n’ait pas envie de courir après Minou puisqu’il sera trop fatigué pour cela.
  • Courir après les vélos/motos/skate/joggers : Courir libère de l’endorphine² mais dans ce cas, ça va plus loin. Toupoutou court après le vélo en aboyant qui plus est et le vélo continue sa route. Vous ne voyez que la partie “Toupoutou aboie et course les vélo”, lui, il voit “Je cours après les vélos en aboyant et ils partent.” Il a donc tout à fait intérêt à réitérer à chaque fois puisque cela fonctionne, on appelle cela l’auto-renforcement.
    => Travailler en amont le fait de “Laisser”. A savoir, vous croisez un élément déclencheur, vous anticipez sans modifier votre prise sur la laisse/longe en demandant à Toupoutou de “laisser” tout en continuant à avancer pour qu’il ne se retrouve pas statique, obligé d’accepter la situation mais bien en mouvement focalisé sur la commande demandée. Et s’il laisse, on récompense +++ car aller contre de l’auto-renforcement demande une gratification très importante. Et comme on ne met pas son chien en échec volontairement, on commence avec une zone de confort très importante avant de se rapprocher progressivement du facteur qui fait réagir Toupoutou. Tenter cet exercice sans laisse équivaut aussi à une mise en échec puisqu’en cas de loupé (et il y en aura au début), Toupoutou fait trois pas en arrière mais ce ne sera pas de sa faute. Ne pas le disputer s’il loupe l’exercice puisqu’il associera alors “En plus, l’humain est fâché quand les vélos sont là.” Encore une bonne raison de leur aboyer dessus pour qu’ils partent, n’est-ce pas ? 😉
  • Vider la poubelle/”Voler” de la nourriture sur la table ou dans la rue : Le chien est un carnivore opportuniste. C’est à dire que livré à lui-même, il cherchera où il peut des sources de nourriture. Si la poubelle est accessible et que Toupoutou a envie de manger le reste de pâtes de la veille, il ira se servir. De la même façon, cela l’oblige à chercher une façon d’accéder à la nourriture, c’est donc très stimulant. De la même façon, Toupoutou essaiera forcément d’attraper de la nourriture si elle est à proximité de son museau. Il n’est pas voleur, il est opportuniste. La nourriture est là après tout.
Mara, passion Croquettes pour chat since 2016.

=> Protéger votre poubelle en choisissant une poubelle avec clapet ou en la fermant bien sans la mettre à sa disposition immédiate. Quant à la nourriture à disposition, pourquoi ne pas lui apprendre le refus d’appât afin d’éviter toute mise en échec de Toupoutou à l’avenir. Dans la même veine, ne mettez pas à disposition de votre chien/chat de la nourriture si vous craignez qui ne la vole, il y a énormément de cas d’empoisonnements ou d’accidents domestiques relatés qui permettent d’expliquer pourquoi on ne s’attend pas à ce que Toupoutou ne se jette pas comme un bienheureux sur un paquet de Petits Ecoliers au chocolat.

  • Mordiller les doigts : Les chiots aiment particulièrement mordiller les doigts les premiers temps et beaucoup de personnes s’en plaignent (à raison, les dents de lait sont très pointues et peuvent blesser un enfant). Là encore, Toupoutou ne fait pas exprès pour vous faire mal, d’ailleurs, il n’en a pas vraiment conscience, cela fait partie des auto-contrôles qu’il doit acquérir : Le contrôle et l’inhibition de la morsure, qu’il commence à acquérir auprès de sa mère et de ses frères et soeurs (De l’intérêt d’attendre la fin de la socialisation primaire vers 12 semaines pour adopter un chiot afin de lui offrir le maximum de clés de voûtes quant aux développements des codes sociaux et auto-contrôles)
    Mais pourquoi le fait-il alors ? Car pour le chiot, la mâchoire est le seul moyen de préhension à disposition pour saisir des choses et les tester (pas vous tester) de la même façon que le bébé met tout en bouche, le chiot aussi mais il a des dents. Il convient donc d’expliquer calmement à Toupoutou que celles-ci font mal. Et qu’elles lui font mal vu qu’elles poussent ce qui explique ce besoin de mordre et mordiller si récurrent.
    => Apprendre au chiot que mordre/mordiller fait mal passe par plusieurs étapes : Ignorer tout simplement le comportement n’apprendra pas au chiot comment contrôler la force de sa mâchoire mais bien que lorsqu’il le fait, l’activité commune s’arrête. Toupoutou mord/mordille un peu fort => “Aïe” sans crier mais de façon assez audible pour qu’il comprenne => S’il s’arrête, on récompense en lui donnant un jouet à mordre à la place et on continue à jouer avec lui.
    Mais s’il n’arrête pas après un “Aïe” ? Et bien, on arrête là l’interaction et on fait le “poireau”, c’est à dire qu’on remonte ses bras et qu’on reste immobile ou même qu’on s’en va faire autre chose. Toupoutou comprendra alors qu’il a mordu, que vous avez eu mal, qu’il a continué à mordre et que l’interaction s’arrête pour cette raison. Apprendre aux tout petits à faire le poireau et à quitter la pièce après un “Aïe” aigu peut les aider à prendre le contrôle de la douleur infligée par le chiot à son insu et donc à participer à l’éducation sociale de Toupoutou.
    Il est évident que les méthodes visant à frapper/punir/mordre le chiot pour lui “apprendre” n’ont pas d’autre intérêt que de faire comprendre au chiot que vous aussi, vous êtes en mesure de lui faire mal, et cela nuit à sa confiance en vous, car vous lui faites mal sciemment alors qu’il veut jouer avec vous. Ce n’est pas logique.
  • Détruire des objets : Comme expliqué précédemment, le chien a besoin d’explorer avec sa gueule les choses qu’il trouve et plus que cela, il a un besoin masticatoire qui est peu satisfait par l’alimentation industrielle (Demandez-vous combien de temps Toupoutou passe à manger une gamelle). Donc quand vous laissez traîner une paire de chaussures, effectivement, il peut être tenté d’aller la ronger et la déchiqueter pour s’occuper et mastiquer. Des fois, cela peut même venir d’un stress inhérent à de l’hyper-attachement, ce n’est donc pas une bêtise là non plus, c’est un profond mal-être. Ce n’est donc pas considéré comme une bêtise par Toupoutou qui ne comprend donc pas votre colère. Mais vous aimez vos chaussures, murs, livres et télécommandes, ce qui est normal.
    => Pour résoudre un problème de destruction lié à l’ennui/l’apprentissage des limites, il suffit de ranger ce qui peut être détruit (pas de secret) et de proposer à Toupoutou des activités masticatoires plus intéressantes que vos chaussures qui combleront ainsi ce besoin. Le choix est vaste : Sabots de veau, oreilles de cochon/lapin, kong fourré à la pâtée, au kiri ou aux croquettes détrempées s’il a une alimentation industrielle, avec des morceaux de viande s’il est au raw-feeding que vous mettrez 30 min/1 heure au congélateur avant de lui donner pour qu’il mette plus de temps à y accéder, il existe des bois de cerfs adaptés à la taille des plus petits chiens de même que les pipolinos qui distribueront de la nourriture s’il comprend le fonctionnement, tendons de boeuf ou babines de boeuf séchées.
    Attention aux os à grignoter en babiche qui sont dangereux pour nos boules de poils : Explication ici.
  • Les aboiements : Bien que des aboiements excessifs soient difficilement vivables au quotidien, il est évident que pour Toupoutou s’exprimer en aboyant n’est pas une bêtise. D’autant que les chiens ont un besoin important de vocaliser qui est peu assouvi dans notre société où ils sont perçus comme une nuisance sonore parmi d’autres. Du coup, Toupoutou aime bien aboyer quand il est heureux, quand il voit un copain, quand il ne peut pas attraper un jouet, quand vous ne lui lancez pas le jouet, quand il entend un bruit, quand il voit quelqu’un passer. Ouais, décidément Toupoutou aime BEAUCOUP aboyer.
    Rappelons que la majorité des chiens ont été sélectionné pendant des années sur ce critère notamment puisqu’ils servaient de chien de garde. Lui demander de ne plus aboyer équivaut à lui demander de ne plus être un chien. Rappelons aussi que les outils coercitifs allant dans ce sens tel que le Collier à impulsion électrique qui peut occasionner des brûlures à Toupoutou, Collier à spray à la citronnelle qui génère une nuisance olfactive chez un animal dont les sens sont 100 fois supérieurs aux notres, Collier à envoi d’air qui lui fera peur sans qu’il ne comprenne pourquoi il a sur lui quelque chose qui lui fait peur, Collier à ultrasons chez un animal dont l’ouïe permet d’entendre à plusieurs centaines de mètres un bruit de pas, ne sont rien de plus qu’un outil de torture moderne. Il n’y a pas de bonnes utilisations de ce genre d’outils, ils font mal/peur/engendrent un désagrément. Il ne s’agit pas d’outils éducatifs puisque Toupoutou n’apprend pas pourquoi et dans quel contexte il ne doit pas aboyer, il sait juste que s’il le fait, il aura mal/peur/ne sentira plus rien. Point.
    => Pour apprendre à un chien à se taire, il faut déterminer dans quel contexte, il le fait et s’il est acceptable de le laisser faire pour assouvir son besoin de vocalises. N’allez pas empêcher Toupoutou d’aboyer avec ses copains quand il est au parc, personne ne vous demande de vous taire quand vous êtes au bar avec vos amis. Si la situation nécessite donc de lui demander de se taire, demandez-lui et récompenser même une seconde de silence. Aboiement => “Chut” => Silence même minime pour reprendre son souffle => Récompense ou Jeu avec vous. S’il persiste à aboyer notamment parce qu’il a entendu un bruit et qu’il veut vous prévenir, allez voir avec lui. Si ce n’est rien, banalisez l’événement en reprenant une activité normale et en l’enjoignant à venir avec vous la faire. Il est important que votre chien comprenne que vous ne l’empêchez pas de communiquer, que vous prenez en considération ses avertissements mais qu’ils ne sont pas justifiés en la matière et qu’il n’y a rien à craindre. Votre rôle de référent consiste à le rassurer et à assurer la garde de la maison pour ne pas risquer d’avoir un chien constamment en hyper-vigilance (ce qui serait très épuisant pour lui sur le long terme en plus des répercussions psychologiques)
  • Les besoins dans la maison : Ma “Bêtise” préférée et de loin. Croyez-vous vraiment qu’un chien ou un chiot irait sciemment faire ses besoins à l’endroit où il vit avec sa famille pour le plaisir de narguer ses humains ? Non, bien sûr que non. Les chats d’intérieur ont accès à une litière leur permettant d’assouvir ce genre de besoins à leur guise, de même pour les humains (où que nous allions, il y a des lieux d’aisance). Les chiens quant à eux doivent rester propres durant de nombreuses heures. Et les accidents peuvent arriver, générés par le stress, une envie subite, une sortie trop courte ou pendant laquelle Toupoutou a fait autre chose que ses besoins.
    => On reprend le processus d’apprentissage de propreté. Voilà.

“En gros, il ne faut jamais le punir ? C’est n’importe quoi..”

Que l’interlocuteur soit un chien, un enfant, un humain ou n’importe quel être vivant, la colère ressentie déclenche chez l’autre une montée de cortisol immédiate, c’est à dire que le corps produit l’hormone de la survie qui générera une montée de stress voire de la peur.

D’autant que punir son chien pour ce qui n’est pas considéré comme une bêtise par lui, ne lui apprendra pas à ne pas la reproduire, cela lui apprendra juste qu’il ne peut pas vous faire confiance pleinement puisque vous êtes capable de vous mettre en colère/crier/taper pour quelque chose qui est normal chez lui.

Il existe de nombreux cas de morsures recensés chez les chiens de famille qui pourraient être évités en amont en écoutant le chien. Lui apprendre ce qu’on attend de lui plutôt que ce qui est interdit et pourvoir à ses besoins lui éviteront de pallier lui-même au problème et donc d’être mis en échec. Gronder un chien qui fait ce qui le définit comme chien parce qu’on a pas pourvu à ses besoins est une situation qui ne devrait pas avoir à arriver.

Un chien qui se fait disputer, envoie toujours des signaux d’apaisement, si ceux-ci sont constamment ignorés parce que nous considérons qu’ils se sentent coupables (Non.), le chien n’enverra plus de signaux et le jour où il considérera avoir assez prévenu qu’il n’appréciait pas une situation illogique pour lui, il pourra en venir à grogner qui est là aussi une façon de communiquer un inconfort et une mise en garde. Et lorsque ce dernier palier sera atteint et ignoré, le chien pourra en venir directement à la morsure puisqu’il n’aura pas été écouté. Le chien de notre époque n’est pas méchant ou mordeur sciemment, il est surtout très mal compris et entendu car nous partons du postulat qu’il comprend ce que l’on attend de lui selon une logique humaine. Mais le chien est un chien, pas un humain. Nous n’avons ni les mêmes codes, ni le même langage, ni les mêmes règles, ni la même notion d’occupation ou de bêtises.

Il est vital, primordial même en prenant un chien de comprendre les besoins qu’il a, le langage qu’il emploie pour éviter au mieux des problèmes de communication et de comportements.

En photo : La “bêtise” préférée de Mara petite, essayer de voler de la nourriture sans aucun scrupule, le jour où j’ai arrêté d’accorder TROP d’attention à ce comportement et où j’ai mis à sa disposition des jeux d’occupation à faire à deux ou seule, qu’en parallèle, elle a appris « Tu laisses », elle est devenue moins oppressante autour de la table. Mais Mara reste un chien 😉

« On fait des règles humaines, on essaie de les plier à ces règles dont ils ne connaissent pas l’existence, on les punit pour y avoir désobéi. » / Ian Dunba

L’arrivée du chiot – La Solitude

C’est bien joli d’avoir pris un chiot/chien, mais voilà, vous avez un travail et des fois, vous devez vous absenter et sans Toupoutou. Le drame ! Et s’il aboyait, détruisait en votre absence ou pire se blessait ? Pour cela, il faut comprendre pourquoi il réagit comme cela et comment l’éviter.

Comprendre la solitude par le chien.

Plusieurs facteurs sont à prendre en considération quand on décide de prendre un chien mais qu’on a un travail qui nécessite de s’absenter (et mettons-nous bien d’accord, personne ne vous blâme pour cela) :

  1. Le chiot se sépare de lui-même de sa mère vers 4 mois, quand il commence à vouloir développer une indépendance. Auparavant, même si la mère le repousse, il aura tendance à rechercher son contact et celui de ses frères et sœurs. Donc il est bon de comprendre que l’absence et la solitude pour un chiot est un moment très angoissant qui n’est pas choisi par lui-même et qu’il va devoir apprendre – avec votre aide – à gérer de façon plus ou moins sereine.
  2. Le chien est un animal sociable, même à l’âge adulte, la solitude peut le peser car votre présence à laquelle il est attaché lui manque et dans le cas des chiens qui ont déjà été abandonnés, se retrouver seul même quelques heures peut être un traumatisme quotidien car cela réveille une peur instinctive qu’il n’arrive pas à contrôler. Il a connu l’abandon, la peur, peut-être la faim, et vous qui vivez avec lui, vous n’êtes pas là. Ca peut être terrifiant et générer un stress considérable.
  3. Rester seul plusieurs heures sans aucune occupation réellement distrayante pour un chien, c’est long. C’est très long. Et on s’ennuie, un chien qui s’ennuie est un chien qui est susceptible de s’occuper par ses propres moyens. Nous n’avons pas les mêmes notions de l’occupation les chiens et nous, ils n’ont pas la possibilité d’ouvrir un bon bouquin ou de zapper ou de scroller sur Instagram. Donc que fait un chien qui s’ennuie ? Il mâchouille des choses. Il ne détruit pas votre joli coussin tout neuf, il le mâchouille, le secoue parce que ça fait voler la mousse et que c’est génial et très satisfaisant. Il ne fait pas les poubelles, il va là où la nourriture est accessible et ça le satisfait.
  4. Ce que nous considérons comme des bêtises : Détruire des objets, vandaliser les poubelles, faire ses besoins peuvent être pour le chien qui a peur ou s’ennuie une façon d’évacuer cette peur ou l’ennui.Il ne le fait pas pour vous provoquer, moins encore quand on sait que la plupart des gens réagissent de façon agressive ou violente à ce genre de comportements. Quel intérêt aurait-il à provoquer une punition ou une déception de la part de l’humain qu’il aime tant ? Aucun.
    Et le chien est un opportuniste. A l’instant T, ce qu’il a fait lui a procuré du plaisir, du bien-être ou l’assouvissement d’un besoin mais il ne l’a pas fait dans l’optique d’énerver son maître. Jamais.

    Dans le cas d’un chiot qui vient juste d’arriver, vous pouvez mettre en place un protocole dès le début, dès qu’il est à la maison pour lui éviter d’être en échec et vous aussi par la même occasion.
    Dans le cas d’un chiot ou chien adulte qui aboie ou pleure dès votre départ, il y a fort à parier qu’il s’agisse d’anxiété de séparation.
    Dans le cas des destructions, il convient de déterminer s’il s’agit d’ennui ou d’anxiété de séparation.
    Et dans le cas des besoins, est-ce de l’angoisse ou une propreté pas tout à fait acquise ?

    Vous l’aurez compris chaque chien est différent. Mais n’oubliez pas qu’un problème d’anxiété de séparation, d’hyper-attachement ou d’ennui chez le chien peut prendre des proportions importantes allant des aboiements et nuisances sonores aux destructions matérielles voire à l’auto-mutilation. Si le protocole mis en place ne fonctionne pas même sur plusieurs semaines voire plusieurs mois dans le cas d’un chiot ou chien qui aurait souffert réellement d’abandon ou d’un problème exacerbé d’hyper-attachement, n’hésitez pas à vous diriger vers un professionnel qui sera en mesure de vous aider. Mais ne laissez pas le problème s’aggraver, ce ne sera bon ni pour lui, ni pour vous.

Comment apprendre la solitude et l’indépendance à son chien ?

Ce protocole a été mis au point par Laurine Dechen, issu du groupe « Education bienveillante du chien de compagnie ».

EN VOTRE PRÉSENCE

Donnez à votre chien suffisamment de vraies activités quotidiennes à partager avec vous : Balades, éducation par le jeux, stimulation mentale… C’est nécessaire à son épanouissement et à la construction ou l’entretien de votre relation, mais c’est aussi une formidable dépense énergétique, et un chien qui dort en votre absence n’aura pas besoin de trouver une autre occupation.

Réservez-lui des moments d’indépendance, d’autonomie : Lorsque vous êtes à la maison, vaquez à vos occupations sans toujours le regarder, ni lui parler, ni le laisser vous suivre, ni le papouiller à tout bout de champ. Vous devez partager de vrais moments de partage intense avec votre chien. Pour les autres moments, ceux où vous faites autre chose, vous devez l’aider à devenir autonome en ne le regardant et ne lui parlant pas sans arrêt.

N’hésitez pas à fermer les portes entre vous dès que possible. C’est une partie essentielle du travail. Pour de très courts instants pour démarrer (1/2 seconde au départ) de façon à ce que votre chien sache que lorsqu’une porte se ferme et que vous disparaissez, vous revenez de suite. N’hésitez pas à lui indiquer, juste avant de fermer la porte pour 1/2 seconde, que vous revenez, par un mot ou signe de la main. Ce mot, ou signe, s’il est appris suffisamment progressivement, deviendra rassurant.

Donnez-lui de quoi s’occuper seul quand vous n’avez pas la possibilité de vous consacrer à lui ou que vous désirez qu’il s’occupe seul. Un chien joue rarement seul, pourtant savoir s’occuper seul, c’est aussi savoir rester seul. Il ne faut pas hésiter à lui donner sa ration de nourriture dans un jouet distributeur, ou étalé sur l’herbe. Lui proposer de chercher des friandises dans un snufflemat (pourquoi pas confectionné par vous-même), des jeux d’occupation ou de stimulation mentale, ou des jeux à mâcher, bois de cerf (sous surveillance au départ pour vérifier que votre chien sache s’y prendre pour les ronger minutieusement et pas se goinfre et risquer l’occlusion).
Ne pas lui laisser tout à disposition tout le temps.

LORS DES ABSENCES

Partez naturellement, avec un état d’esprit serein. Ne quittez pas votre chien comme si vous n’alliez pas le revoir pendant des mois ni en culpabilisant. Que vous utilisiez ou non un signal de départ (« Je reviens », « A tout de suite » ou autre…), mettez le moins d’émotions possible sur vos départs. Pas de câlins ou paroles à n’en plus finir.

Sécurisez son environnement. L’apprentissage ne se fait pas en un jour, et il va falloir vous attendre à quelques « ratés ». Pour limiter au maximum les risques, mettez hors de sa portée les objets précieux ou dangereux pour lui. Vous n’êtes pas obligé de lui donner accès à toute la maison en votre absence, vous pouvez choisir une seule pièce. Il faut juste qu’elle soit assez grande pour qu’il puisse s’y déplacer librement, qu’elle comporte une fenêtre, qu’il ait de l’eau à disposition, et que ce soit une pièce de vie, où il a l’habitude d’être au quotidien et de partager des bons moments, pas une pièce où il est uniquement en votre absence.

Donnez une occupation nouvelle et attractive à votre chien lorsque vous vous apprêtez à le laisser seul tel qu’un kong farci (à la pâtée, aux croquettes humidifiées s’il les adore, le tout passé une heure au congélateur pour plus de challenge), une oreille de cochon, un sabot de veau ou autre friandise plus durable, ou un nouveau jouet à détruire (sous surveillance au départ pour vérifier que votre chien sache s’y prendre pour les ronger minutieusement et pas se goinfre et risquer l’occlusion). Devoir rester seul devient un plaisir, car il a alors accès à des supers jouets auxquels il n’a pas le droit habituellement.

Créez un cadre rassurant pour qu’il se sente à l’aise. Vous pouvez par exemple lui laisser un objet ou tissus (après avoir vérifié qu’il n’essaie pas de l’avaler) avec votre odeur. Vous pouvez aussi mettre la radio en sourdine, sur du classique par exemple. Il existe une chaîne Youtube « RelaxMyDog » qui passe des bandes sonores avec des fréquences apaisantes pour les chiens. Cela crée un bruit de fond rassurant, et permet d’étouffer les petits bruits parasites, comme le voisin du dessous qui ferme la porte de sa salle de bain, qui pourraient faire sursauter votre chien et le mettre dans un état de stress. Si votre absence se déroule la nuit, certains chiens sont plus nerveux dans le noir, vous pouvez donc laisser une petite lumière allumée, ou acheter une veilleuse pour enfant.

Revenez en mettant le moins d’émotions possible sur votre arrivée. Plongez-vous directement dans une activité à laquelle il ne participe pas. Si vous n’êtes pas disponible pour votre chien dès votre retour, il ne vous attendra plus avec cette hâte qui se transforme vite en anxiété. Si vous devez vite l’emmener faire ses besoins, faites-le sans trop lui parler, sans gestes d’agitation. Si vous êtes d’un calme exemplaire ce sera contagieux et votre chien pourra se tranquilliser. L’idéal est de reporter à un peu plus tard que votre arrivée, le moment ou vous allez vraiment vous occuper de lui à 100%. Pensez aussi à travailler sur de faux-départs, surtout si votre chien a associé certaines actions (mettre vos chaussures, attraper vos clés, aller chercher le courrier, sortir une poubelle..) au fait de rester seul et que cela provoque une angoisse en lui.

ATTENTION : Tout ceci ne sont que des conseils généraux. Pour plus d’efficacité, un professionnel du comportement canin pourra vous aider à personnaliser votre plan d’action en fonction de vos habitudes et des besoins de votre chien. Ne laissez pas le temps passer sans aide si votre chiot ou chien a des difficultés particulières ou si l’anxiété de séparation est déjà très présente.

Recommandations personnelles :
* Les colliers coercitifs (à ultrason, à impulsion électrique, avec spray d’huile essentielle ou projection d’air) ont un effet sur les chiens : Ils provoquent de la douleur, suscitent de la peur ou un inconfort. A court terme, ils sont efficaces. Toutefois, ils ont un deuxième effet : Ils n’apprennent pas au chien à rester seul, à apprendre que l’indépendance n’est pas effrayante ou paralysante. Ils leur apprennent que lorsqu’ils sont seuls, s’ils verbalisent (et c’est ce qu’est un aboiement, une façon de s’exprimer) leur inconfort ou leur angoisse, alors ils ressentent de la douleur ou de la peur ou un inconfort.
* Travail de fond : Mettre le chien en sécurité et en confiance : c’est à dire JAMAIS de réprimande / punition quoi que le chien fasse ( il y a toujours des solutions à mettre en place au cas où qu’importe la situation). Vous ne voulez pas que Toupoutou se retrouve bloqué et pris au piège d’une situation angoissante pour lui à cause d’un collier. Aidez-le à gérer et apprécier ces moments de solitude et d’indépendance.

Demander à un chien d’accepter l’absence de son compagnon est une chose difficile.

L’Arrivée du Chiot – La Propreté.

Toupoutou et vous avez passé la première journée ensemble et tout semble aller pour le mieux à un détail près : Vous passez votre temps un rouleau de sopalin à la main.D’ici quelques jours ou semaines, vous vous poserez la question que tous les humains se sont déjà posés confrontés à un chiot : Quand sera-t-il enfin propre et comment lui apprendre ?

L’apprentissage de la propreté

Quand on accueille un chiot, il y a certaines choses à garder en mémoire :

  1. Il s’agit d’un petit être immature à bien des égards. Ses sphincters notamment ne sont pas assez musclés et donc pas en capacité de retenir plus de quelques dizaines de minutes de l’urine ou des selles. Il ne le fait donc pas exprès, il n’a juste pas la possibilité de se retenir les premiers mois. Au fur et à mesure des semaines, Toupoutou musclera ses sphincters comme le ferait un bébé et sera en mesure de le faire sur des plages de plus en plus importantes, mais n’attendez pas d’un chiot de 3 mois qu’il puisse se retenir 8 heures dès les premières semaines.
  2. Sa mère lui a appris à ne pas faire où il dort. C’est le seul impératif concernant la propreté qu’il a acquis à moins qu’il n’ait commencé à imiter sa mère et d’autres adultes à ce niveau. Vos règles concernant votre maison, Toupoutou ne les connaît pas et il devra les apprendre au fil des semaines et vous ? Vous devrez l’aider à les apprendre.
  3. Toute activité stimulante sera susceptible de lui donner envie de faire ses besoins : Manger, boire, jouer, avoir peur, être excité, se réveiller. Il faudra donc être très vigilant à ce sujet et penser à le sortir régulièrement à chacun de ces moments-clés pour éviter des « accidents ». Les premiers temps, il ne s’agit ni plus ni moins que de tubes digestifs ambulants avec des poils. Même si l’image est peu flatteuse !
  4. Le chien est un opportuniste né. S’il trouve de l’intérêt dans une situation, il apprendra rapidement à la reproduire pour retrouver l’objet de son intérêt. Jouons là-dessus !

Lorsque Toupoutou aura fini de manger/dormir/boire/jouer, amenez-le dehors et demandez-lui de faire « Pipi », s’il le fait, ne lésinez pas sur les félicitations et/ou les friandises. Ainsi, il apprendra rapidement que quand il fait « Pipi », il a quelque chose de gratifiant et différent de sa gamelle, il voudra retrouver cela. Oui, vous aurez sûrement l’air ridicule devant vos voisins mais vous sauverez votre parquet ! Et si Toupoutou fait dans la maison ? Certains vont conseilleront le « Non » ferme, de le punir au panier, sauf que Toupoutou ne fait pas exprès, il est juste trop petit pour comprendre et pour se retenir. Laissez-lui du temps et ignorez ce que vous considérez comme un mauvais comportement alors qu’il ne peut le contrôler. Et si vous voulez que son panier reste un endroit rassurant, l’y punir n’aidera pas.

« Mais quand je le sors, il ne fait pas pipi et il fait dès qu’il est rentré ! »
Vous venez de découvrir que votre chiot a la capacité de concentration d’un .. Chiot ! En effet, le chiot s’il a envie de faire pipi mais voit une feuille qui vole, ira certainement jouer avec la feuille qui vole, puis avec cette brindille là, puis pourquoi ne pas aller aboyer pour prévenir le chien des voisins qu’il est dehors lui aussi ? Et maintenant qu’il est rentré, qu’il n’y a plus ni feuille, ni brindille, ni chien ? Et bien, Toupoutou a toujours envie de faire pipi et il n’a plus de distractions.

N’hésitez pas à le recentrer sur ce qui vous intéresse à savoir le soulagement de ses besoins. En revanche, n’écourtez pas la balade une fois qu’il a fait car il apprendra rapidement que « Faire pipi » = « Fin de la promenade », et il se retiendra à l’extérieur pour faire durer la balade.

Recommandations :

Les chiens perçoivent les expressions faciales mieux que les mots. L’agacement et la colère peuvent engendrer du stress chez tous les êtres vivants (vous, lui, tout le monde) et le stress génère de la production de cortisol – l’hormone de la survie, celle-là même qui diminue l’espérance de vie- Autrement dit, vous fâcher parce que Toupoutou a ENCORE fait pipi par terre, va créer du stress chez lui et peut ralentir l’apprentissage de la propreté en lui apprenant quelque chose que vous ne vouliez pas lui apprendre : Puisque vous êtes fâché quand vous voyez le pipi/caca, il ne faut pas que vous le voyez. Et voici comment Toupoutou se retrouve à faire dans des endroits cachés pour que vous ne soyez pas fâché. Si le chiot est félicité à l’extérieur et ignoré à l’intérieur, il aura donc tout intérêt à faire à l’extérieur. D’autant que l’agacement et la colère créé de la tension chez vous, et la tension est énergivore. Prenez un carré de chocolat/un pot de glace/une bière/un tacos et tout ira pour le mieux.

Certains éleveurs ou professionnels recommandent la cage la nuit voire la journée pour apprendre la propreté au chiot en l’obligeant à se retenir puisqu’il dort dans cette cage. Le bémol à envisager : Si le chiot outrepasse cette première leçon de propreté que sa mère lui a appris, à savoir se retenir de faire là où il dort pour une raison X ou Y (stress, colique, coup de chaud), ce sera très difficile de revenir en arrière. La cage doit être utilisée pour les déplacements en voiture, si vous désirez limiter l’espace de vie de Toupoutou pour lui éviter de se blesser en votre absence les premiers jours, envisagez un parc à enfant. Mais l’utilité de la cage pour l’apprentissage de la propreté est à double tranchant. Retenir de l’urine ou des selles n’est jamais bon et peut avoir des effets dangereux sur la santé de votre chien.

La propreté à tout prix ?

Petit chien, petite vessie. Bien sûr, ils boivent en conséquence, toutefois certains humains de petits chiens choisissent d’offrir l’opportunité à leur chien (compte tenu de leur petite taille) d’utiliser une litière, une alèse de propreté, une jardinière sur le balcon.

On est vraiment tranquille nulle part !


En complément de l’apprentissage de la propreté en intérieur, ces ajouts peuvent permettre au chien de se soulager la nuit comme le ferait un chat ou vous (si, si, après la tisane « Nuit Tranquille, on le sait tou.te.s). Tant que cela ne remplace pas les balades quotidiennes en extérieur et que votre chien est capable de faire la différence entre sa litière et le tapis du salon, pourquoi pas si cela vous tente ?
Respecter le besoin d’élimination d’un être vivant n’est jamais une mauvaise chose et certaines personnes n’ayant pas la possibilité de rentrer durant leur journée de travail pourraient y voir une solution pour éviter d’obliger le chiot à se retenir plusieurs longues heures d’affilée.

« A quel âge votre chien a-t-il été propre ? » Cela varie énormément d’un chiot à l’autre, d’un humain à l’autre. Cela dépend de tellement de facteurs, tant de la capacité d’apprentissage de Toupoutou que de sa capacité physique à se retenir mais aussi de votre capacité personnelle à percevoir les moments où il voudrait faire ses besoins (même quand vous êtes plongée dans un épisode de Netflix ou dans le dénouement de votre dernier chapitre, même) Cela peut aller de 4 à 12 mois voire plus tard pour certains chiens, certains adultes suite à un traumatisme ou un problème de santé peuvent « désapprendre la propreté ».

Autrement dit, ne désespérez pas, munissez vous de votre rouleau de sopalin dans une main, de friandises dans l’autre et croyez-y très fort sans jamais vous agacer. Toupoutou grandira et comme n’importe quel bébé, il apprendra à être propre mais cela peut prendre du temps, mais quelques mois sur une vie entière à ses côtés ? Ce n’est qu’une infime partie de votre vie à deux autant la rendre supportable pour tout le monde voire agréable !

L’Arrivée du Chiot

Vous en rêviez et vous avez sauté le pas : Vous voici avec une petite boule de poils à la maison.Oui mais maintenant que faut-il faire ? Comment lui donner le bon cadre et vivre LA grande histoire d’amour d’un chien et son humain ? Ce n’est pas simple mais on vous aide !

Que faut-il savoir avant de prendre un chiot ?

Même si l’idée d’avoir un chien vous plaît énormément, il y a quelques pré-requis à prendre en considération :

  1. Comme un bébé, le chiot doit TOUT apprendre. Toutefois, certains auto-contrôles et certaines bases sont inculquées par la mère et ce jusqu’à douze semaines voire un peu plus pour certains chiots. Prendre un chiot à 2 mois inclut donc de se passer d’une partie du sevrage social et du mimétisme utile que le chiot aurait appris au contact de sa mère (les débuts de la propreté, la gestion de la morsure et se calmer après une phase de jeux notamment). Prendre un chiot donc mais à 3 mois, l’éleveur aura déjà travaillé sur la socialisation et la mère aura fini son travail.
  2. Il faudra le sortir régulièrement, même quand il pleut/neige/fait chaud. Car un chien même avec un jardin a besoin d’être stimulé intellectuellement, de se dégourdir les pattes et de rencontrer des congénères. Ne jamais lui offrir cette opportunité peut engendrer des troubles de comportement. Le chiot s’il n’a pas ou rarement été mis en contact avec l’extérieur jeune, peut angoisser et développer de la peur ou de l’agressivité. Autant lui et vous éviter un stress en le mettant à petites doses mais régulièrement dans le bain de la vraie vie et par la suite lui apporter des stimulations non négligeables au quotidien.
  3. Il y a beaucoup de personnes qui regrettent l’acquisition d’un spitz après plusieurs semaines à l’entendre aboyer. Ou un beagle après une énième fuite pour sentir une piste. Se renseigner sur la race et son origine qu’importe le chien choisi peut être d’un grand secours pour comprendre ce que nous définissons comme un défaut. Ils peuvent apprendre à se taire sur demande ou se focaliser sur leur humain mais ils ne peuvent pas revenir sur des années de sélection génétique.
  4. Il sera là pour plusieurs années. Et si les premiers mois sont difficiles car il faut tout lui apprendre, les dernières années le sont aussi car un chien en bonne santé revient cher à son acquisition et en fin de vie. Et quand le chien n’est pas en bonne santé ? Avoir un matelas de secours peut être une bonne solution pour éviter les coups durs quand Toupoutou a dévalé un rocher trop rapidement ou qu’il est tombé du canapé les dents en premier.

Si en dépit de tout cela, vous voulez toujours ce chiot tant convoité, n’hésitez plus ! C’est que vous avez compris qu’il ne s’agit pas d’un caprice mais bien d’un partenaire de vie qu’il vous faudra choyer et qui vous rendra cet amour au centuple.

L’arrivée à la maison

Toupoutou est avec vous, ça y est ! Et il pèse en fonction de sa taille entre 500g et 8kg , autant dire que votre maison et vous-même êtes gigantesques à ses yeux. Il vient de quitter sa mère et sa fratrie, l’endroit où il est né et où il avait commencé à prendre ses marques et il arrive dans un endroit inconnu, plein de nouvelles odeurs, de nouvelles voix et de mains qui essaient de l’attraper pour le caresser. Imaginez-vous arriver dans un lieu inconnu où tout le monde parle une langue que vous ne comprenez pas et où il y a des règles à respecter que vous ne connaissez pas non plus. De quoi avoir peur même si l’éleveur l’a habitué à la présence de l’être humain.

  • Montrez-lui où se trouvent ses gamelles, son dodo et ses jouets et laissez-le découvrir par lui-même l’endroit. Accompagnez-le sans le forcer tant au contact qu’à la découverte, les chiots sont assez curieux pour dépasser l’angoisse des dernières heures.
  • Pensez à mettre à l’abri tout objet pouvant être dangereux de façon évidente (ou pas) pour lui ainsi que les objets auxquels vous tenez particulièrement. Vous vous éviterez un stress considérable et à lui aussi puisque les premières heures chez vous ne seront pas ponctuées d’interdiction ou de brimades puisqu’il n’a rien à portée qui puisse le nécessiter. De la même façon, attention aux escaliers ou canapés, certains chiens sont sujets à la dysplasie de la hanche et pour un petit gabarit, un canapé représente une hauteur considérable pour leurs articulations. Que vous désiriez dans le futur ou pas lui autoriser le canapé, surveillez les montées et descentes voire faites-le pour lui éviter une mauvaise réception.
  • Oupsi ! Toupoutou tout à ses découvertes, s’est oublié sur le tapis de la cuisine.. Ce sont des choses qui arrivent et qui arriveront fréquemment (puis de moins en moins) au début. Il ne sait pas qu’il doit faire dehors et pas dedans, il faudra lui apprendre calmement et avec des félicitations et/ou des friandises que l’extérieur est fait pour cela et que cela vous plaît bien plus. Pas de panique donc, on ramasse (avec ou sans lui dans les pattes) sans s’agacer, c’est déjà bien assez stressant comme première journée et on se note dans un coin de le sortir dans les 30 minutes suivantes (voire moins s’il fait un arrêt par la gamelle ou qu’il joue ou qu’il s’endort puis se réveille).

La journée touche à sa fin et Toupoutou et vous avez sommeil.
Deuxième round.
Il va découvrir qu’il est tout seul pour dormir alors qu’avant il dormait avec Maman et les frères et sœurs. Il n’est pas rare qu’un chiot pleure pendant les premières nuits. On ne saurait que vous conseiller de lui créer un petit endroit douillet et rassurant où dormir près de vous, pour que vous apparaissiez comme LA personne rassurante en cas de grosse frayeur ou tristesse, cela contribuera au lien futur que vous aurez. Mais si vous ne voulez pas l’habituer à dormir dans la chambre ? Plusieurs solutions s’offrent à vous :

  1. Vous pouvez l’y faire dormir les premières nuits, puis décaler progressivement le panier jusqu’à ce qu’il se trouve à l’extérieur, d’autant plus qu’avec le temps (et plus encore l’été), les chiens choisissent la place où ils veulent dormir et ce n’est pas toujours au pied du lit.
  2. Vous pouvez aussi choisir de laisser la porte ouverte mais avec une barrière à bébé pour qu’il vous entende et vous sente sans forcément qu’il puisse vous rejoindre. N’hésitez pas à aller le rassurer de temps à autre si cela devient trop dur pour lui, il s’agit encore d’un bébé qui vient de vivre une séparation difficile même si c’est un chien.
  3. Vous pouvez enfin décider de dormir dans le salon avec Toupoutou les premiers temps puis finalement y passer seulement la fin de soirée (devant Netflix ou un bon livre)

Qu’importe la solution choisie, n’oubliez pas que Toupoutou aura tout de même besoin de sortir pendant la nuit donc soyez réceptifs à ses appels et ne les prenez pas à la légère car du stress de la solitude qui peut le rendre mal à l’aise à l’envie de faire pipi ou plus, il n’y a pas énormément de différences quand on n’a pas l’habitude.

Les conseils en plus :
N’hésitez pas à demander à l’éleveur si avant de le prendre vous pouvez lui déposer un tissu avec votre odeur ou éventuellement récupérer un tissu avec l’odeur de sa mère pour le mettre dans son dodo. Il existe une chaîne Youtube très utile dans le cas de l’angoisse du chiot (voire du chien adulte), il s’agit de “RelaxMyDog”, elle peut être trouvée aussi sur Spotify. Sont diffusées des tonalités et des fréquences apaisantes pour les chiens, cela peut contribuer à aider Toupoutou à trouver le sommeil (et vous à profiter du votre)

Voilà. Vous avez survécu à la première journée avec Toupoutou ! Et ce n’était pas facile, ni pour vous, ni pour lui. C’était riche en émotions aussi autant pour vous que pour lui ? Et la suite ? Mon dieu.. Si vous saviez ! Mais quoi qu’il arrive n’oubliez pas que ce petit être vous regardera avec amour et confiance absolue un jour si vous gardez bien en tête que vous devez lui donner envie de vous aimer et de vous faire confiance.

Ecoute-moi quand je te parle

Vous vous êtes déjà retrouvé.e.s dans une situation où votre interlocuteur ne vous écoute pas, ne vous « lit » pas et vous met mal à l’aise, soit parce que vous parlez dans le vide, soit parce qu’il ne perçoit pas votre malaise tout bonnement ?
Ca arrive à tout le monde et c’est le sujet de la balade d’aujourd’hui : La communication.

Avec des mots simples

Comme d’habitude, on remonte notre petite rue, celle qui nous permet de passer par le jardin public avant de bifurquer dans la grande ville au gré de nos envies. Mais arrêtons-nous sur cette petite rue où nous avons croisé deux mères et leurs trois filles, à vue d’oeil de 2 à 5 ans.
L’une d’elle, la plus grande s’est précipitée pour caresser Mara, sans demander, sans prévenir et je les ai arrêtées. Tant Mara qu’elle, Mara pour qu’elle aille s’asseoir derrière moi, et la petite pour qu’elle ne se précipite pas sur elle sans présentation, arrêtée mais avec un « Bonjour » assorti d’un grand sourire.
Et c’est là que commence le vrai challenge, bien plus pour moi que pour Boulette. Car même si elle est souvent sur la réserve avec les enfants, elle fait preuve d’une patience que je lui connais rarement même s’ils la mett(ai)ent visiblement mal à l’aise. Moi, en revanche, je me retrouve à essayer d’expliquer avec des mots simples quelque chose d’élémentaire : Un chien peut mordre s’il est surpris.

  • La prévention lors des rencontres enfant/chien peut éviter nombre d’incidents qui peuvent virer facilement à l’accident. Un chien surpris, qui a mal (personne ne pense jamais à le demander), qui a peur, peut surréagir et au mieux, faire peur à l’enfant et lui laisser une appréhension/traumatisme durable, au pire, le mordre.
    Apprendre à l’enfant que le chien doit être prévenu, doit être respecté comme individu à part entière peut contribuer à limiter les accidents, même venant d’un chien qui est « vraiment très cool avec les enfants, se laisse faire et ne dit jamais rien. »

La main de la petite se tend donc tout naturellement sur le dessus de la tête de Mara et je lui demande si je peux lui prendre (le consentement est une des bases de la bienveillance envers tous publics) pour lui expliquer avec l’accord tacite de sa mère et sous l’oeil des deux autres, qu’il faut toujours dire « Bonjour » à un chien avant de le toucher, pour qu’il n’ait pas peur, qu’il ne soit pas surpris.
Mara, depuis que nous avons commencé la désensibilisation vis à vis des enfants, connaît le principe. La main se tend, elle la renifle, la lèche éventuellement et attend que l’enfant la caresse.
« Attention, ma grande, elle a mal aux oreilles. »
Ce n’est pas vrai. C’est vrai certaines fois, Mara souffre d’otites chroniques, mais ce n’est pas vrai en ce moment, alors pourquoi mentir ? Parce que c’est la première chose qui me soit venue, parce que lui expliquer que ma chienne n’aime pas qu’on touche le dessus de sa tête est une idée compliquée (à tort peut-être) à expliquer à un petit enfant. La douleur est plus facile à assimiler. Des choses simples avec des mots simples.

Les deux autres petites ont suivi, plus calmement, avec plus de distance voire d’anxiété. Elle fait 18 kilos soit autant qu’elles, voire plus concernant la toute petite. Fait amusant : La toute petite n’a pas attendu que je lui demande de dire « Bonjour », elle l’a fait, elle a tendu sa main et a littéralement dit « Bonjour » à Mara.
Ca me surprend toujours autant de voir un tout petit bout d’humain capable de compréhension, de réserve et d’intelligence dans ce genre de démarches.
Et la grande est revenue à la charge, en mettant sa main au dessus de la tête de Mara qui a baissé les oreilles et commencé à tourner la tête dans un sens puis dans l’autre.

  • Il faut savoir que la majorité des chiens/animaux apprécient peu qu’une main s’approche d’eux par en haut, certains comportementalistes parlent d’une situation qui les renvoie à une position de proie et d’une attaque en hauteur.
  • Quand un chien tourne la tête, baille, s’ébroue, essaie de chercher une échappatoire lors d’une situation dérangeante pour lui, il s’agit majoritairement de signaux d’apaisement qui ont pour vocation de renseigner son « interlocuteur » sur le malaise qu’il ressent et la volonté qu’il a que la situation s’arrête.

Au bout de sa troisième tentative en dépit de mes recommandations et faute d’une réaction de sa mère, il est sorti tout seul, sans violence, sans sécheresse dans la voix, sans virulence et aussi, sans pédagogie.
« Non. »
Ca ne veut rien dire « Non », rien de réellement concret en tout cas, c’est juste la cessation d’une activité plaisante pour un petit être qui a du mal à gérer sa frustration, et le fait est que je n’ai pas expliqué pourquoi « Non », je m’en suis voulue – et encore en l’écrivant – de ne pas avoir été capable d’expliquer plus encore, plus calmement. Mais le fait est que ma chienne commençait à s’agacer de la situation, que je ne voulais pas qu’une rencontre qui avait bien débuté, finisse mal. La petite quant à elle, est partie en boudant un peu plus loin, contrariée et frustrée dans ce qu’elle voulait faire.
Cela m’a un peu rendu triste même si je travaille chaque jour à la gestion des auto-contrôles chez Mara, car je considère que je l’ai mise en échec (peut-être à tort). Nous ne nous sommes quittées sur un « Au revoir » des deux autres petites filles pour rejoindre notre jardin public.

C’était pourtant clair

Notre – oui, j’ose – jardin public, c’est autant une safe zone qu’un complexe éducatif, je l’ai dit, on y retrouve tout ce qui peut déclencher des comportements indésirables (pas mauvais, juste indésirables pour moi et les autres, ils ne le sont pas pour elle) chez Mara.
Une balade en libre, comme d’ordinaire, des commandes répétées et exécutées en majorité (on progresse !) comme d’ordinaire et deux rencontres particulièrement marquantes.

La première avec un groupe de jeunes et trois chiens ultra cools qui se sont fendus de présentations mesurées et polies envers Mara. Et une jeune fille dans le groupe qui a tendu la main sans préavis, sans demande pour caresser la tête de Mara, laquelle l’a penché pour essayer d’éviter le contact en couchant les oreilles. Je ne l’ai pas anticipé assez vite – mea maxima culpa – et me voilà à lâcher trop tard « Elle a eu une otite récemment, elle n’aime pas qu’on touche ses oreilles, elle a eu trop mal. »
La pauvre, vraiment.. Mais pas assez pour éviter qu’on me propose de l’amener chez le toiletteur pour lui faire épiler les poils des oreilles pour éviter que cela macère. J’ai proposé de les couper, mais à priori, son maître de stage lui a dit qu’il n’y avait que cela qui fonctionner. Je n’ai pas épilogué sur la souffrance que cela peut engendrer sur un endroit aussi sensible, et à plusieurs reprises, j’ai du lui rappeler une consigne simple avant de m’écarter lassée de devoir recadrer pour la deuxième fois une personne n’étant pas en mesure de respecter une idée très simple : Respecter ce qu’aime ou pas un autre être vivant.

  • Quand vous voulez caresser ou interagir avec un chien, outre le fait de s’y prendre calmement et en respectant la zone de confort du chien, pensez à demander à l’humain qui l’accompagne si vous pouvez. Le chien peut être réactif à l’humain (parce qu’il a été battu, parce qu’il a été privé de son contact, ou juste parce qu’il a peur des étrangers) ou avoir mal et avoir une réaction vive et désagréable pour vous. Ils n’ont pas à se voir imposer un contact s’ils ne l’apprécient pas, ou ne le recherchent pas.
  • Pensez toujours à vérifier qu’un chien – même connu – apprécie la caresse via un exercice très simple.

Au fur et à mesure de la balade dans le jardin, nous avons rencontré deux jeunes avec un chiot de six mois, maigrichon mais volontaire et en dépit de son passif hasardeux – la mère l’a rejeté à un mois et rescapé d’une parvovirose – très bien codé et en mesure de comprendre comment communiquer et comment assimiler les informations en face.
Les chiens jouent, farfouillent chacun de leur côté, nous échangeons entre humains et derrière nous, une chienne se couche, plaquée au sol à distance.

Mara a parmi ses travers, la capacité de faire comprendre aux autres qu’elle les a vus, qu’elle est là et ce, à grands renforts de 88 décibels. La chienne a hérissé son poil, un rappel de consigne pour les interactions « Doucement » et les voilà qui se coursent après par jeu, tous les trois, chacun changeant de position dans la course, ce qui évite les tensions et de se retrouver avec un chien harcelé. Tout va bien, donc ?

Au parc, il y a des magnolias – vieux de 120 ans, et ouais ! – et donc des pignes qui tombent régulièrement des arbres, c’est croquant, on peut les déchiqueter et c’est sucré. En somme, le parfait jouet masticatoire outdoor si on accepte le contre pied : Diarrhée ponctuelle ou constipation occasionnelle. Mara les adore, littéralement. Et quand Mara adore quelque chose, elle fait de la protection de ressources.

  • La protection de ressource est un comportement canin engendré par la peur de perdre quelque chose qui est important à ses yeux ou qui apporte de la sécurité.
    Certains chiens qui ont connu la privation de nourriture, de confort peuvent en faire, les chiots qui ont subi de la protection de ressource de la part d’un adulte, peuvent aisément se retrouver à reproduire le même schéma par simple mimétisme sans avoir jamais eu à défendre quoique ce soit pour leur survie.
  • Ayant peur de perdre ce qui compte à ses yeux, le chien peut adopter des comportements défensifs, des postures de communication troublantes pour ses humains, voire de l’agression.

Si tu ne comprends pas, gare à toi

Boulette a donc aboyé et grogné vaguement pour prévenir l’autre chienne de ne pas s’approcher de son « trésor », laquelle l’a superbement ignoré et a même répliqué de plus belle en avançant vers la pigne. Il a fallu à peu près 15 secondes pour que la situation passe d’une situation calme où chaque chien vaquait à ses occupations à un conflit pour une ressource limitée à l’instant T. Mais pas que.. Mara a grogné, elle a donc prévenu l’autre qui l’a ignoré et a continué voire a grogné plus qu’elle, elle a répondu derechef avec plus de véhémence pour bien lui faire signifier que cette ressource lui appartenait et l’autre chienne l’a attaqué.
Un manque de communication, une mauvaise gestion des auto-contrôles et une protection de ressources exacerbée a conduit en quelques secondes à une bagarre entre chiens. Mara n’ayant jamais eu à se battre pour de vrai, les deux fois – celle-ci étant la deuxième – où cela s’est produit, elle n’a même pas essayé de mordre l’autre se contentant d’essayer d’esquiver les coups de dents en oubliant même de protéger ce qui était important pour elle. La jeune femme qui était avec moi a saisi l’autre chienne qui se jetait dents sorties sur la mienne – Dieu merci, Mara est un coussin ambulant – pour la soulever de terre et la ramener à ses maîtres qui regardaient la scène calmement vingt mètres plus loin, pendant que je ramenais Boulette vers moi.
Note à vous-même et en dépit de toute ma bienveillance : Si vous prenez un animal qu’importe son espèce, vous devenez responsable des dégâts engendrés par l’animal. Il doit être sous votre surveillance.

Le chiot qui était resté à l’écart pendant toute l’altercation est revenu auprès de Mara de façon plus posée et celle-ci ne l’a pas ignoré et ne l’a pas envoyé promener. J’espère donc que de cette altercation ne naîtra pas une méfiance vis à vis des autres chiens, j’ai fait en sorte de poursuivre un peu la séance de jeu avec le petit lutin pour qu’elle garde une idée positive de ce moment.
Puis nous sommes parties vers la ville pour libérer un peu la pression en reniflant approximativement toutes les odeurs croisées en chemin.

Trois rencontres, trois problèmes de communication, les deux premières parce que nous ne partageons pas les mêmes codes sociaux, parce que nous ne faisons pas partie de la même espèce et que nous avons du mal à bien des égards à comprendre le langage corporel des animaux qui nous entourent quand eux ont appris à reconnaître la joie derrière un sourire en dépit des dents dévoilées, la dernière par défaut de compréhension, de codes canins assimilés ou à cause d’une protection de ressources trop développée.

Toutes les balades ne sont pas positives, toutes les rencontres ne sont pas satisfaisantes, mais elles apprennent nécessairement toutes une leçon : Communiquer reste la clé. Et écouter même sans paroles n’est jamais une mince affaire.

Glossaire

« On ne naît pas en sachant faire ses comptes. »
Qu’on comprendra aisément par « Personne a la science infuse dès la naissance » et Dieu merci !

A ce titre, et à la demande de certains, j’ai décidé de compiler des mots et termes qui peuvent paraître étranges voire abstraits pour les gens qui n’ont pas de chien ou qui tout simplement ne se sont jamais intéressés à l’éducation (qu’elle soit canine ou autre).
Si un terme venait à manquer alors que je l’emploie et que vous ne le comprenez pas, n’hésitez pas
!

  • Acquis : Les comportements acquis désignent les comportements que le chien apprend au cours de sa vie, cela s’oppose aux comportements innés.
  • Agressivité : L’agressivité est une modalité du comportement des êtres vivants qui se reconnaît à des actions où la violence est dominante.
  • Antropomorphisme : L’anthropomorphisme désigne le fait de prendre l’animal pour un être humain. Par exemple penser qu’un chien puisse se venger relève de l’anthropomorphisme.
  • Anxiété de séparation : L’anxiété de séparation est un problème comportemental lié à des soucis de gestion de la solitude
  • Auto-contrôle : Il s’agit de la capacité à gérer, par soi-même, ses émotions face aux stimulations de l’environnement. Les autocontrôles sont en lien direct avec l’apprentissage de la frustration.
  • Balade : Il s’agit de différencier les balades dites hygiéniques (avec pour but de faire éliminer le chien), éducatives (centrées sur l’apprentissage), d’exploration ou sportives.
  • B.A.R.F. : Le B.A.R.F. (Biologically Appropriate Raw Food) est un type d’alimentation canine composée majoritairement de viande crue, ainsi que de légumes et de fruits.
  • Bientraitance : La bientraitance est un ensemble d’attitudes et de comportements positifs et constants de respect, de bons soins, de marques et manifestations de confiance, d’encouragement et de soutien.
  • Cani-sports : Les cani-sports sont des disciplines sportives regroupant la cani-rando, le cani-cross, le cani-vtt, le cani-roller et d’autres où le chien tracte son maître lors d’une course. Un matériel adapté est fortement recommandé (baudrier, ligne avec amortisseur et barre dans le cas du cani-vtt)
  • Catégorie : Les chiens catégorisés sont des chiens soumis à une loi particulière en fonction de leur race ou de leur apparence. Il existe deux catégories, la première qui interdit certaines apparences (types) et la seconde qui demande aux propriétaires de certains types ou de certaines races de suivre une législation particulière.
  • Clicker : Le clicker est un outil éducatif. Il s’agit d’un boitier muni d’une languette métallique. En appuyant sur la languette, elle produit un son. Ce son est actionné à l’instant même où le chien fait une « bonne action » et le son est suivi obligatoirement d’une récompense.
  • Codes sociaux : Les codes sociaux sont des systèmes de signes, de pratiques qui régissent le fonctionnement des relations interpersonnelles au sein d’un groupe d’une même espèce.
  • Comportements agonistiques : Les comportements agonistiques sont des comportements dont le but est de régler des situations de conflits. Cela désigne autant des postures de menaces, d’apaisements que de fuites.
  • Conditionnement : On parle de conditionnement classique quand il s’agit d’une réponse automatique de l’organisme à un signal appris. Par exemple, un chien ayant appris que le mot « gamelle » signifie l’arrivée de la nourriture peut saliver en entendant le mot « gamelle », même si la nourriture n’est pas présente. A contrario, on parle de conditionnement opérant quand l’apprentissage se fait grâce à l’environnement. Par exemple, un chien ayant ouvert, par hasard, une porte lui permettant d’accéder à de la nourriture verra son comportement renforcé. Ouvrir les portes permet d’accéder à de la nourriture, le comportement se reproduira donc.
  • Désensibilisation : Une désensibilisation est une technique employée par des professionnels pour réduire progressivement la sensibilité du chien à certains éléments. On peut utiliser cette technique pour faire passer la peur de l’orage, de la voiture, de l’humain et autres.
  • Détournement : Le détournement est une technique visant à détourner l’attention du chien par le biais de plusieurs stimuli qui lui éviteront de déclencher un comportement indésirable (aboyer, attaquer, ramasser de la nourriture)
  • Détresse acquise : La détresse acquise est un état d’impuissance dans lequel l’animal n’essaie plus d’améliorer la situation, de se défendre ou de fuir. Il reste immobile. Cet état est proche de la dépression et est dangereux.
  • Dominance : Concernant l’étude du comportement animal le terme dominance désigne une relation sociale entre deux animaux, se disputant une ressource limitée, avec un gagnant et un perdant.
  • Espèce : Les espèces sont des groupes de populations naturelles, effectivement ou potentiellement interfécondes, qui sont génétiquement isolées d’autres groupes similaires. Ex : Le chien et le loup sont des espèces différentes, le bonobo et l’homme sont des espèces différentes.
  • Ethologie : L’éthologie est l’étude des animaux dans leurs milieux naturels ou non. Contrairement à ce que l’on pourrait croire depuis quelques années grâce à « l’équitation éthologique », il ne s’agit pas d’une technique de dressage mais d’une science
  • Féral : Le chien féral est un chien retourné à l’état sauvage, vivant généralement à proximité de l’être humain.
  • Ganging : Le ganging dit parfois mobbing, est une agression de groupe (le fameux « effet de meute »). Les individus s’entraînent les uns les autres jusqu’à conduire à une attaque collective. Il est possible que pris un par un, aucun de ces chiens n’aurait attaqué.
  • Habituation : L’habituation est une technique utilisée pour travailler les peurs ou parfois l’excitation. Il s’agit d’inclure dans l’environnement de l’animal l’objet de sa peur tout en lui laissant suffisamment de place pour qu’il puisse s’en éloigner et rejoindre une zone rassurante. Il s’approche ensuite à son rythme de l’objet en question, jusqu’à s’y habituer totalement.
  • Hiérarchie : Il s’agit d’une organisation sociale indispensable à la survie d’un groupe intraspécifique et au bon fonctionnement de celui-ci, en évitant le plus possible les conflits. Cette organisation permet de gérer l’accès aux ressources, la chasse, le territoire, la défense contre les prédateurs, et la reproduction. Les relations dominance/subordination en sont une composante mais ne sont pas dépendantes d’une hiérarchie sociale.
  • HS/HA : Le HS-HA (Hyper-sensibilité / Hyper-activité) est un trouble du développement comportemental dû à un environnement trop pauvre ou à un défaut d’encadrement fourni par la mère et amenant le chiot à réagir à tout. Le chien présente alors de nombreux problèmes dont le manque de contrôle de sa morsure, le manque de satiété, le manque de sommeil, …
  • Hyper-Attachement : L’hyper-attachement est un mauvais attachement dû à une sécrétion importante d’hormone de bien-être, qui laisse le chien drogué par son propre corps. Il montre alors un état de manque en l’absence de personnes ce qui entraîne un grand nombre de problèmes.
  • Immersion : L’immersion est une technique qui a pour but de faire cesser les manifestations de peur de la part d’un chien. Il s’agit de le mettre au contact de l’élément qui lui fait peur, sans possibilité de fuite ou d’auto-défense et ce, jusqu’à ce qu’il ne manifeste plus d’inquiétude. L’immersion fonctionne avec la détresse acquise et de très nombreux professionnels s’opposent à cette pratique.
  • Imprégnation : L’imprégnation, parfois appelée « empreinte », est la phase durant laquelle le chiot apprend qu’il est un chien.
  • Inné : Les connaissances innées sont des connaissances que le chiot possède dès sa naissance et s’opposent aux connaissances acquises qu’il obtiendra tout au long de sa vie. Parmi les comportements innés, il y a le réflexe de succion.
  • Inhibition : L’inhibition est l’opposition à un processus pour l’empêcher, l’entraver ou simplement le ralentir. Chez le chien on parle de l’apprentissage de l’inhibition de la morsure. Il ne s’agit pas simplement de supprimer la morsure mais d’être capable de la maîtriser.
  • Intra-spécifique/Inter-spécifique : On parle de relations interspécifiques quand les deux individus n’appartiennent pas à la même espèce. A contrario, on parle de relations intra-spécifiques lorsque les deux individus appartiennent à la même espèce.
  • Laxisme : Le laxisme, dans son sens plus général, est défini comme un système qui tend à limiter les interdictions, causant ainsi une tolérance excessive.
  • Leadership : Le leadership est une relation basée sur la confiance, qui est temporaire ainsi que réciproque, et qui permet à l’individu d’influencer le groupe.
  • Leurre : Le leurre est une technique de dressage qui amène le chien à suivre la récompense pour effectuer les mouvements souhaités. C’est une technique qui est parfois utilisée avec le clicker.
  • Médiation animale : La médiation animale consiste à faire intervenir un animal préalablement sélectionné et entrainé, pour compléter des soins prodigués par un professionnel. On parle plus souvent de zoothérapie.
  • Méthodes : Les « méthodes coercitives » sont des méthodes employant le renforcement négatif et la punition positive pour amener le chien à obéir de gré ou de force. Ce sont des méthodes pouvant provoquer de l’auto-défense et divers problèmes de comportements. Suivant les techniques, elles peuvent être vues comme de la maltraitance et être interdites. Les « méthodes positives » sont parfois appelées « douce », « respectueuse » ou encore « amicale ». Ce sont des méthodes employant exclusivement le renforcement positif et la punition négative et qui cherchent à motiver le chien pour qu’il participe, apprenne et obéisse de son plein gré, sans contrainte.
  • Meute : Une meute est un groupe familial chez certaines espèces comme le loup.
  • Patron-moteur : On parle notamment de patron-moteur quand le même comportement est reproduit à l’identique, à plusieurs reprises par le chien. Chaque patron-moteur a son énergie spécifique (motivation intrinsèque) propre, et doit s’exprimer, quelque soit le niveau de stimulation extrinsèque dans l’environnement. Chacun des patrons-moteurs peut s’exprimer séparément, dans le désordre (dans le jeu social), ou dans l’ordre (chasse). On parle notamment de patron-moteur dans le cas de la prédation.
  • Protection de ressources : La protection de ressource est un problème de comportement chez le chien. Celle-ci se manifeste lorsque le chien devient protecteur de quelque chose (Une ressource : Canapé, nourriture, jouets, eau) ou de quelqu’un.
  • Primitif : Ce sont des chiens très anciens. Ils n’ont pas fait l’objet de nombreuses modifications génétiques de la part des éleveurs, et donc ont été peu modifiés par l’homme. Selon le classement de la F.C.I. (Fédération Cynologique Internationale), les primitifs sont classés dans le Groupe 5 : « Chiens de type Spitz et de type primitif », Section 6 : Type primitif et Section 7 : Type primitif – Chiens de chasse. Ex : Le Malamute d’Alaska est issu de la Section 1 : Chiens nordiques de traîneau, l’Akita Inu est issu de la Section 5 : Spitz asiatiques et races apparentées, quant au Basenji, il s’agit bien d’un chien de la Section 6 : Type primitif.
  • Punition : En éducation canine, on parle de punition lorsque cela entraine une diminution d’un comportement. Ainsi un simple « non » offrant de l’attention à un chien peut provoquer une augmentation du comportement ce qui constitue un renforcement, alors que le même acte provoquant de l’inquiétude diminuera le comportement et sera considéré comme une punition. Les punitions peuvent être positives (par ajout) ou négative (par retrait).
  • Race : Il faut différencier race et espèce. Au sein d’une espèce, il peut y avoir de multiple race. La reproduction entre race est possible et ne cause normalement pas de problèmes (attention toute fois aux gabarits). Il y a donc l’espèce « chien » et les multiples races qui la composent (Berger Allemand, Chihuahua, Border Collie, Bull Terrier, …).
  • Raw-Feeding : Le raw feeding est un régime alimentaire pour les chiens, les chats mais également pour les furets composé de viandes crues, d’os et d’abats.
  • Réactivité : On parle de réactivité quand le chien réagit de façon excessive à certains stimuli (autres animaux, bruits, mouvements, humains, trottinettes). Cette réaction excessive peut se manifester avec tous les symptômes d’un comportement agonistique. Hyperexcitabilité, aboiements, gémissements, halètement, sauts, morsures, hypervigilance, difficulté à répondre aux commandes acquises ou bien à s’apaiser de façon innée.
  • Renforcement : Le renforcement permet d’accentuer un comportement, de l’amener à avoir plus de chance de se reproduire. On parle de renforcement positif (ou par ajout) lorsque le chien recommence pour réobtenir une chose désiré et de renforcement négatif (ou par retrait) lorsque le chien recommence pour perdre à nouveau quelque chose de non désiré.
  • Signaux d’Apaisement : Les signaux d’apaisement sont un ensemble de postures et de mimiques faciales permettant à un chien de calmer une situation (le fameux « Guilty Look ») ou de se rassurer/déstresser lui-même (s’ébrouer).
  • Sociabilisation : La sociabilisation d’un chiot est le fait de le rendre sociable pour qu’il apprécie la compagnie des autres chiens. Pour cela, il faut qu’il connaisse les codes canins et donc qu’il soit socialisé.
  • Socialisation : La socialisation d’un chiot est le fait de lui apprendre les codes de son espèce afin qu’il puisse vivre au contact d’autres chiens tout en sachant communiquer.
  • Syndrome de privation sensorielle : Le syndrome de privation sensorielle est un trouble du développement du chiot qui est causé par un lieu d’éveil présentant trop peu de stimulation. Le chiot ne sait pas s’adapter à des situations « normales » et répond avec des comportements aléatoires.
  • Test de Campbell : Il s’agit d’un test ayant pour but de se faire une idée précise des réactions d’un chiot, face à des manipulations à un moment précis. Il s’agit néanmoins d’une « photographie », qui n’a pas de valeur dans le temps.
  • Whole-Preying : Le Whole Feeding est une alimentation canine à base de proies entières

Si l’un ou l’autre de ces termes venait à mériter de votre part une explication plus approfondie et donc donner lieu à un article, n’hésitez pas ! La connaissance n’est pas innée, contrairement à la curiosité !

« Cinquante points pour Gryffondor ! »

Quand tu as un chien et que tu aimes ton chien, qu’il pleuve, qu’il vente ou que tu aies passé une journée abominaffreuse au travail, le fait est que tu dois sortir ton chien.

Ca ne fait pas toujours plaisir, tu aimerais pouvoir te caler devant Game of Thrones comme tout le monde parce qu’on est lundi, mais ton chien a attendu bien patiemment que tu rentres du travail pour sortir. Enfile ta plus belle paires de chaussures et zoum, zoum dehors.

Sortie à Pré-au-Lard

Nous voilà donc parties pour une balade comme tous les soirs. Et comme tous les soirs depuis quelques mois avec Mara, on travaille et renforce certains points « gênants » chez elle : Son contrôle de la frustration, les croisements avec d’autres chiens sur lesquels elle aurait tendance à aboyer sans réfléchir au risque de se prendre un back-fire et le refus d’appât. Nos balades sont donc régulièrement ponctuées de « Décroche s’il te plaît. » « Tu laisses ? » « On attend, tout de même. »
On travaille, on renforce, on click et on récompense. Régulièrement, car rien est jamais acquis même pas le rappel qu’on retravaille régulièrement, ainsi que la marche au pied.

Arrivées dans notre petit jardin public, Mara est détachée et vaque à ses petites occupations (éliminer, renifler, courir, ce genre de choses bizarres pour nous), le premier chien ne tarde pas à arriver, attaché ce qui inclut donc de sa part une potentielle réaction si un autre chien s’approche puisqu’il est bloqué par la laisse. Elle ne l’a pas vu, quoi de plus simple ? « Tu restes ? » et voilà ma Boulette totalement dans mon sillage qui en oublie même de regarder s’il y a un autre chien.

  • C’est ce qu’on appelle la distraction ou détournement d’attention. Ou une bonne solution de facilité, avouons-le. On n’essaie pas de travailler un comportement, on se contente d’éviter qu’il se déclenche en anticipant en amont.

La balade continue, toujours en libre et on se retrouve dans un coin un peu tranquilles (comprendre où il n’y a pas une quinzaine de jeunes en train de se marrer ou trois chiens en train de se chamailler pour une balle) à s’asseoir au bord d’une fontaine.
Et ? « On attend. »
Quoi ? Elle ne sait pas, elle. Moi, j’attends et je le lui demande parce que je sais qu’elle a envie/besoin de tout avoir tout de suite, de tout faire tout de suite, c’est un chien, les chiens vont faire autant que possible ce qui les satisfait dans l’immédiat. Et dans l’immédiat, cela n’a rien de satisfaisant d’attendre, c’est même très .. Frustrant. Et oui.
Elle se tortille un peu, commencerait même presque à s’agacer et se recalme avec un peu de difficultés. Le but n’étant pas de la mettre en échec, on click et récompense. Elle a attendu tout de même, et nous voilà reparties.

  • Il ne s’agit pas d’utiliser la balade comme une séance d’éducation mais plutôt de la ponctuer de renforcements positifs de temps à autre, autrement dit, on ne dégoûte pas son chien en l’obligeant constamment à avoir un comportement sous contrôle, mais on travaille de temps à autre des points importants qui peuvent s’avérer utiles au quotidien (au restaurant/bar, au passage piéton, en ville tout simplement)

N’allez pas dans l’allée des Embrumes

Après quelques tours et détours dans le jardin public pour renifler telle ou telle odeur, certaines choses peu ragoûtantes pour nous, mais merveilleuses pour eux, nous en sortons pour rejoindre la grande artère et ses voitures, ses cyclistes, ses skaters (toi qui a un chien, toi-même tu sais !) et devant nous, arrivent un maître et son chien.
Un coup d’oeil, un seul, pour savoir qu’il ne faut pas se louper sur ce croisement.

  • Pas parce que le chien en face est un American Staffordshire Terrier, peu importe la race des chiens dans ces cas là, mais bien parce qu’il est tenu en laisse courte et collier étrangleur, ce qui peut vouloir dire que le maître va resserrer la pression du collier sur son chien pour le faire passer et donc engendrer une douleur qui pourrait se retourner contre le chien qui le croise.

« Mara ? » Un coup d’oeil de Boulette qui a bien remarqué le chien en face et qui me regarde à moitié. « Décroche. S’il te plaît. » Je ne vais pas mentir en disant qu’elle l’a fait bien volontiers, j’avais le clicker à la main, et l’association est vite faite (des coussinets jusqu’à la tête, il y a peu de distance sur un Kees’, ça aide à vite faire circuler les informations d’un bout à l’autre). Elle a eu le choix entre un chien inconnu et une friandise, elle a choisi la friandise à venir. Merci, petit Jésus ! Car le chien en face s’est retrouvé à moitié pendu quand il a voulu aller vers elle, je ne saurai jamais s’il voulait juste la renifler comme certains, ou bien être plus virulent, le fait est qu’une fois le croisement fait, la récompense obtenue, nous avons toutes deux tourné la tête pour voir le chien se prendre une claque (Parce qu’il a résisté ? Parce qu’il a tiré ? Va savoir, je n’ai pas pris le temps de demander. Il faudrait que j’ose un jour.)

Nous, nous étions satisfaites, et ça, ça compte. Des fois, la déception est là, mais dans les moments où je déborde de fierté, je me dis que ça peut compenser 4 ou 5 jours d’incompréhension.

En passant par le Chemin de Traverse

Le reste de la balade s’est déroulé de façon plus cool, plus de croisements, un camion d’éboueurs qui bloque la route, un « Attends » très calme en attendant qu’ils partent, un couple d’anglais qui se sont fendus d’un « Elle est si sage ! » en la voyant assise dans la ruelle à attendre de pouvoir passer.
Comment ne pas oser rétorquer avec un sourire espiègle : « C’est l’amour qui fait ça. »

Sur le chemin du retour, nous avons croisé un passant qui n’a pas bronché quand elle lui a coupé la route pour aller renifler une charogne de pigeon écrasé.
« Mara, tu laisses s’il te plaît ? »
Les limites des friandises ? Quand quelque chose de meilleur est à portée, et alors que reste-t-il ? Se mettre à sa portée et l’appeler avec un sourire ET une friandise bien visible. J’assume ma triche à 2 000%.

Quant au monsieur ? Il a ravi mon petit coeur, moi qui répète inlassablement « Non, ce n’est pas un Chow-Chow/Eurasier/Pimousse à la banane »

« Dites ? C’est bien un spitz-loup ?
– Cinquante points pour Gryffondor ! »

A votre sourire fier d’avoir donné la bonne réponse, Monsieur et à cette balade qui m’emplit encore d’allégresse, merci.